‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 73 sur 419 · GUÉRISON D'UN POSSÉDÉ ÉPILEPTIQUE · texte numérisé non relu

GUÉRISON D'UN POSSÉDÉ ÉPILEPTIQUE

(7 avril, aux pieds du Thabor.)

La Transfiguration avait eu lieu probablement pendant la nuit. « Le jour suivant, » lorsque les ombres de la nuit eurent fait place à la clarté du jour, Jésus et les trois Apôtres qui l'avaient suivi, « descendirent de la montagne. » « Gomme il rejoignait ses autres disciples, » qu'il avait laissés dans la vallée, « il vit autour d'eux une grande foule (a) » qui paraissait très-agitée, et au milieu, « des Scribes qui disputaient avec ses disciples. » — Quel contraste inattendu s'offrait à ses yeux ! Tout à l'heure, sur le mont Thabor, les joies et les splendeurs du ciel. Maintenant, dans la vallée, les luttes et les peines de la vie, les puissances des ténèbres exerçant sur l'homme misérable leur effroyable tyrannie, les Apôtres déconcertés, découragés, confondus, les ennemis de Jésus-Christ insultant à leur impuissance !

L. IX. 37. Factura est autem, in sequenti die, descendentibus illis de monte, — M* IX. 13. Et venions ad discipulos sues, vidit turbam magnam circà eos, et Scribas conquirentes cum illis.

(a) C'étaient, d'après la légende du pays, des habitants d'un village voisin, nommé. Dênora, ou Dabarim, et qui s'appelle aujourd'hui Dabereth, situé à l'Est du mont Thabor, au lieu même. ouDébora, avec Baraé, défit .labin. généra] du roi des Chananéens, et devint ensuite la libératrice de son peuple [Sepp.J.

ce A la vue » inattendue « de Jésus, » sur le front

enfm » — « De quoi disputez-vous ensemble? demanda Jésus? » Quel est donc le sujet de cette altercation si animée oùje vous vois engagés? — Les disciples, confus et interdits par la présence de Jésus, n'osaient répondre. Les Scribes, intimidés, gardaient aussi le silence.

Alors, « un homme sortant de la foule, s'approcha de lui, et vint se jeter à ses genoux en s'écria nt : Maître, je vous en supplie, ayez pitié de mon Fils unique qui est lunatique, » qui est en proie à une maladie cruelle, dont les accès suivent les révolutions de la lune, et qui a pour cause une possession démoniaque. « Il est "possédé d'un esprit muet ; » le démon lui ôte l'usage de la parole et de la raison, et produit en lui les symptômes les plus effrayants de Fépilepsie. « Toutes les fois que Tesprit malin le saisit, il se met à crier, l'esprit le jette à terre, il écume, il grince des dents, puis il dépérit, » et tombe dans une sorte d'épuisement. L'esprit mauvais qui le maîtrise, le pousse sans cesse à des pensées de destruction, de suicide. « Souvent il tombe dans le feu ™' dans l'eau. Le démon le quitte à a*nMJ?mmMj>. ««A oir tout meurtri. Ce mal dess* présenté a vos disciples, les p prit mauvais, et ils ne Vont pas pu. »

Les Apôtres avaient reçu de Jésus-Christ le pouvoir de chasser les démons : ils avaient voulu exercer ce pouvoir sur cet infortuné, et ils avaient échoué dans leur

44. Et confestim omnis populus videns Jesum, stupefactus est, et expaverunt, et accurrentes salutabant eum. — 45. Et interrogavit eos : Quid inter vos conquiritis? — L. Et ecco Mt accessit ad eum homo M1' unus de turba M1 genibus provolutus ante eum, dicens : Domine, (miserere filio meo), L. obsecro te, respice in filium meum, quia unicus est mihi ; Mt. quia lunaticus est, et maie patitur : Mr habcntemspiritum mutum. — 17. Qui ubicumque eum appréhendent, allidit illum, L. et subito clamât, M'', et spumat, et stridet dentibus, et arescit; Mt. sœpe cadit in ignom, et crebrb in aquam. — L. Vix discedit dilanians eum, Mt. 45. Et obtuli eum discipulis tuis, L. 40. Et rogavi eos ut ejicerent illum, et non potuerunt. — 44. Rospondens autem Jésus, dixit :

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tentative, parce qu'ils manquaient de foi et de confiance. Ebranlés, découragés peut-être par ce sombre avenir d'épreuves, de souffrances et de mort, que Jésus avait entrouvert à leurs yeux effrayés, et qui déconcertait toutes leurs espérances, leur foi s'était affaiblie : le mauvais succès de leur tentative avait achevé de les décourager; les ennemis de Jésus triomphaient avec une joie maligne; la foule elle-même commençait a douter du pouvoir souverain de Jésus. C'est alors qu'à la vue de cette défaillance générale Jésus s'écrie avec tristesse : « 0 génération incrédule et perverse, jusqu'à quand serai-je avec vous? » jusqu'à quand m'épuiseraije en vains efforts, pour vaincre votre opiniâtre résistance à la grâce divine? « Vous subira i-je encore longtemps? » Combien de temps me faudra-t-il encore supporter le poids si lourd de votre incrédulité et de votre endurcissement? — Ne finirez- vous pas enfin par lasser ma patience? — « Puis, » s'adressant à ceux qui conduisaient l'enfant, « il dit : Amenez-le moi. — Ils le lui amenèrent. Dès qu'il fut en présence de Jésus, l'esprit le tourmenta, » le démon, sentant qu'il avait maintenant à lutter contre un pouvoir supérieur, déploya toute sa rage contre cet infortuné et le fit tomber dans un violent paroxysme : « jeté violemment contre terre, » le malade » s'y roulait en écumant. »

« Jésus, » tranquille et calme, bien qu'ému d'une tendre pitié, diffère quelque temps la guérison de ce malheureux, afin de préparer les esprits et de rendre plus sensible la grandeur du miracle qu'il allait opérer. S'adressant au père, puisque le fils ne pouvait parler, « il lui demande » avec douceur : « Depuis combien de temps est-il dans cet état? Le père répondit : Dès sa première enfance. » C'était donc un mal bien invétéré. Puis, faisant entendre le cri de ses angoisses pater-

O genoratio infidelis et perversa, Mt. quou?que cro vobiscum? usquequô patiarvos? Afferte hùc illum ad mo. — ftfr 19. Et attulerunt euin. Et cùm vidisset eum, statim spiritus conturbavil illum : et elisus in terram, volutabatur spumans. — 20 Et interrogavit patrem cjus : Quantum teraporis est ex quo oi hoc aceklit ? At il le ait : Ab infantiâ :

nelles, il s'écrie : « Seigneur, si vous pouvez le guérir» (car, malgré l'échec de vos disciples, bien que ma foi en 'votre puissance se soit affaiblie, je n'ai pas perdu toute espérance), « ayez pitié » d'une pauvre famille si cruellement éprouvée, « secourez-nous. » — « Jésus lui répondit : » Oui, je puis vous secourir, mais à une condition, c'est que vous ayez, de votre côté, foi et confiance. « iSi vous pouvez croire, » votre fils sera guéri, car « tout est possible à celui gui croit. » Les paroles de Jésus firent sur ce père infortuné une impression profonde et ranimèrent sa confiance ébranlée. « Oui, Seigneur, » s'écrie-t-il en versant un torrent de larmes, « je crois » que vous êtes supérieur à l'humanité et que vous pouvez tout; mais, si ma foi- était encore insuffisante, suppléez vous-même à ce qui lui manque,, « venez eu aide à won incrédulité. »

« Alors Jésus, voyant le peuple venir en foule » curieux de voir ce qui allait se passer, « menaça l'esprit immonde, et lui dit, » avec l'autorité du Maître de la nature : « Esprit sourd et muet, je te le commande, sors de cet enfant, et ne rentre plus en lui. » Le démon obéit, mais non sans manifester une dernière fois sa fureur impuissante, « et, poussant un grand cri, il sortit du corps de l'enfant, qu'il agitait arec violence, et qui » épuisé par cette horrible secousse, devint pâle comme un mort, « de sorte que plusieurs disaient : 11 est mort. Mais Jésus prit l'enfant par la main, le souleva, et l'enfant se leva guéri, et Jésus le rendit à son père. Or, tous les assistants étaient stupéfaits de la puissance de Dieu. »

Si quid potes, adjuva no?, misertus nostri. — 22. Jésus autem ait illi : Si potes crèdere, omnia possibilia sunt credenti. — 23. Et continua excîamans paterpueri, eu m lacrymis aiebat : Credo, Domine; adjuva incredulitalem meam. — 2i. Et cùm videret Jésus concurrentem turbam, comminàtus est spiritui immundo, dicens illi, Surde et mute spiritus, ego praecipio tibi, exi ab eo : et ampliùs ne introeas in eum. — 25. Et excîamans, et nmltùm discerpens eum, exiit ab eo, et factus est sicut mortuus., ità ut multi dicerent : Quia mortuus est. — 26. Jésus autem, tenens manum ejus, elevavit eum, et surrexit, Mt. et curatus est puer ex illâ horâ. L. et reddidit illum patri ejus. 44. Stupebant autem omnes in magnitudine Dei.

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« Jésus étant entré dans une maison, ses disciples le prirent à l'écart, » et, tous étonnés encore de leur échec, et craignant d'avoir perdu par leur faute le don des miracles, dont le Sauveur les avait gratifiés en les envoyant en mission, « ils lui dirent : Pourquoi donc n'avons-nous pu chasser ce démon? Jésus leur dit : à cause de voire manque de foi et de confiance. Je vous le dis en vérité, si vous aviez gros de foi comme un grain de sénevé, » si vous aviez la moindre dose de cette confiance ferme el assurée qui triomphe du cœur de Dieu, vous obtiendriez de lui les plus grands miracles, « vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, et elle s'y transporterait, et rien ne vous serait impossible » (au rapport d'Eusèbe, S. Grégoire thaumaturge aurait en effet vérifié à la lettre cette parole de J.-G. et transporté une montagne par sa prière) : « (puant à ce genre de démon (b) il faut pour le chasser » une foi vive et ardente, excitée, animée « par le jeûne » qui assujettit le corps à l'esprit, « et la prière » qui nous unit à Dieu et nous obtient ses grâces.

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