PARDON DES OFFENSES
et le fit mettre en prison, jusqu'à ce qu'il payât sa dette. A la vue de ce qui se passait, ses compagnons furent profondément affligés ; ils vinrent, et racontèrent à leur maître tout ce qui était arrivé. Son maître l'appela alors et lui dit : Méchant serviteur, je t'ai remis toute ta dette, parce que tu m'as prié. Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu moi-même pitié de toi ? Alors son maître irrité le livra aux exécuteurs, jusqu'à ce qu'il payât toute sa dette. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. »
S. MATTHIEU, 18, 21-35 ; s. LUC, 17, 3-4.
Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon ? Un roi, possédant de riches provinces, se fait rendre les comptes de ses intendants. On lui en présente un qui lui est redevable d'une somme énorme de dix mille talents, ce qui représente à peu près soixante millions. Cet intendant doit être un gouverneur de province qui n'a pas versé les impôts d'une ou de plusieurs années. Pour le punir, le roi veut le faire vendre avec toute sa famille, de manière qu'ils deviennent tous esclaves. Le produit de la vente sera d'ailleurs bien loin d'équivaloir à la somme due au roi. L'intendant demande grâce et promet de tout payer. Le roi se laisse toucher, et non seule-
nent il n'exécute pas sa menace, mais encore il remet à l'intendant toute sa dette.
Sortant de chez le roi, celui-ci rencontre un serviteur qui lui doit cent deniers, quelque chose comme quatre-vingts et quelques francs. Il le prend à la gorge, malgré ses supplications et le fait mettre
n prison jusqu'au paiement complet de la dette.