‹ L'EvangileChapitre 36 sur 108 · BÉNÉDICTION DES ENFANTS. On lui · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION DES ENFANTS. On lui

amenait de petits enfants pour qu'il les touchât, leur imposât les mains et priât sur eux. A cette vue, les disciples faisaient des reproches à ceux qui les amenaient. Jésus s'en aperçut et s'en montra indigné : il fît approcher ces enfants et dit : « Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas de m'approcher, car le royaume des cieux est à leurs pareils. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera pas. » Alors il les embrassa, leur imposa les mains, les bénit et partit de là.

s. luc, 18, 15-17.

Laissez venir à moi les petits enfants. Deux questions connexes, celle du mariage et celle des enfants, se trouvent rapprochées Tune de l'autre au milieu

des incidents de ce voyage du Sauveur. On lui ameait les enfants pour qu'il les bénît. Les apôtres trouvaient ces démarches indiscrètes. Jésus se montra indigné de leurs observations. Il exigea que es enfants lui fussent amenés et déclara de nouveau qu'il fallait être comme eux pour entrer dans le royaume des cieux (92). Il donna aux enfants toutes sortes de marques d'affection et il les bénit.

130. conseils pratiques. — Quand il fut sorti sur la route, un des principaux accourut, et, fléchissant le genou devant lui, lui adressa cette demande : « Bon Maître, qu'ai-je à faire de bien pour obtenir la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu sur le bien ? Pourquoi m'appelles-tu bon ? Il n'y a de bon que Dieu seul. Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements. )) — « Lesquels ? » dit celui-ci. Jésus repartit : « Tu les connais : tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d'adultère, tu ne feras pas de vol, tu ne proféreras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère, et aime ton prochain comme toi-même. » Le jeune homme lui répondit : « Maître, j'ai observé toutes ces choses depuis ma jeunesse ; que me manque-t-il encore ? » A ces paroles, Jésus le regarda et l'aima ; puis il lui dit : « Il te manque encore une chose : si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres ; tu auras alors un trésor dans le ciel ; puis viens et suis-moi. » En entendant ce langage, le jeune homme fut affligé et s'en alla tout triste ; car il possédait beaucoup de bien.

Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements. Un notable vint demander respectueusement au Sauveur ce qu'il faut faire pour entrer dans la vie éternelle. Il s'adressa à lui en l'appelant « bon Maître ». Jésus semble décliner ce qualificatif de « bon » pour l'attribuer à Dieu seul. Il le mérite luimême, puisqu'il est Dieu ; mais ayant en face de lui un homme qui n'a aucune idée de sa divinité, il lui répond selon ses croyances. Puisque Dieu seul est le bien par excellence, on n'arrive jusqu'à lui dans la vie éternelle que par l'accomplissement de sa volonté exprimée dans les commandements. Mais les docteurs juifs ont tellement égaré les esprits en ajoutant et même en superposant à la loi leurs propres prescriptions, que le notable en est réduit à demander quels sont ces commandements.

Le Sauveur lui rappelle le décalogue. Son interlocuteur, qui est jeune encore, déclare qu'il a toujours été fidèle à l'observer. Jésus se prend alors d'affection pour cette âme généreuse, et il lui fait entendre les conseils dont la pratique mène à la perfection. Il s'agit de tout abandonner aux pauvres et de le suivre. Le jeune homme est riche ; il s'afflige de voir que la perfection demande de lui un si grand sacrifice, et il s'en va.

Jésus, le voyant tout attristé, jeta les yeux autour de lui et dit à ses disciples : « En vérité, je vous le dis, qu'il est difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! » Ses disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus se reprit à leur dire : « Je -vous le répète, mes chers fils, qu'il est difficile à

ceux qui mettent leur confiance dans les richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille, qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu, s Encore plus étonnés, les disciples se disaient entre eux : « Et qui donc peut être sauvé ? » Jésus, les regardant, leur dit : « Pour les hommes, c'est impossible, mais non pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

S. MATTHIEU, 19, 16-26 ; s. marc, 10, 17-27 ; s. luc, 18, 18-27.

// est difficile à ceux qui possèdent des ricJiesses d'entrer dans le royaume des deux. Dans une de ses paraboles, le Sauveur a comparé les richesses aux épines qui étouffent le bon grain de la parole de Dieu (59). La comparaison trouve ici sa justification. Le départ du jeune homme attriste Jésus, qui signale encore une fois la richesse comme un obstacle à l'entrée dans son royaume. A ses disciples étonnés, il explique que Y obstacle vient, non pas de la richesse en elle-même, mais de la confiance que l'on met en elle.

La comparaison tirée du chameau est une hyperbole orientale, dont le Sauveur se servira plus loin quand il parlera des pharisiens qui « avalent le chameau » (156). Inutile donc de chercher à la diminuer en substituant le « câble » au chameau, comme le font quelques manuscrits grecs, ou en attribuant à une poterne de Jérusalem le nom de « trou de l'aiguille », qu'elle n'a porté qu'au moyen-âge. Le chameau qui passe par le trou d'une aiguille est une chose impossible ; mais, comme le Sauveur le dit aux apôtres étonnés, les choses impossibles sont possibles à Dieu. Aidé de la grâce, un riche peut

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