Prière. — Nous savons, ô mon Dieu, le sort ré
POUR CEUX QUI NE SONT PLUS SUR LA TERRE. 42o
serve à ceux qui violent vos lois en abrégeant volontairement leurs jours; mais nous savons aussi que votre miséricorde est infinie : daignez retendre sur l'âme de N... Puissent nos prières et votre commisération adoucir l'amertume des souffrances qu'il endure pour n'avoir pas eu lô courage d'attendre la fin de ses épreuves!
Bons Esprits, dont la mission est d'assister les malheureux, prenez-le sous votre protection; inspirez-lui le regret de sa faute, et que votre assistance lui donne la force de, supporter avec plus de résignation les nouvelles épreuves qu'il aura à subir pour la réparer. Ecartez de lui les mauvais Esprits qui pourraient de nouveau le porter au mal, et prolonger ses souffrances en lui faisant perdre le fruit de ses futures épreuves.
Vous, dont le .malheur fait l'objet de nos prières, paisse notre commisération en adoucir l'amertume, et faire naître en vous l'espérance d'un avenir meilleur ! Cet avenir est entre vos mains ; confiez-vous en la bonté de Dieu, dont le sein est ouvert à tous les repentirs, et ne reste fermé qu'aux cœurs endurcis.
Pour les Esprits repentants.
73. Préface. Il serait injuste de ranger dans la catégorie des mauvais Esprits les Esprits souffrants et repentants qui demandent des prières ; ceux-là ont pu être mauvais, mais ils ne 1g sont plus du moment qu'ils reconnaissent leurs fautes et les regrettent : ils ne sont que malheureux ; quelques-uns même commencent à jouir d'un bonheur relatif.
74. Prière. — Dieu de- miséricorde, qui acceptez le repentir smcère du pécheur, incarné ou désincarné, voici un Esprit qui s'était complu au mal, mais qui reconnaît ses torts et entre dans la bonne voie; daignez,
ô mon Dieu, le recevoir comme un entant prodigue et lui pardonner.
Bons Esprits dont il a méconnu la voix, il veut vous écouter désormais; permettez-lui d'entrevoir la félicité des élus du Seigneur, afin qu'il persiste dans le désir de se purifier pour y atteindre; soutenez-le dans sçs bonnes résolutions, et donnez-lui la force de résister à ses mauvais instincts. «
Esprit de N..., nous vous félicitons de votre changement et nous remercions les bons Esprits qui vous ont aidé!
Si vous vous complaisiez autrefois à faire le mal, c'est que vous ne compreniez pas combien est douce la jouissance de faire le bien ; vous vous sentiez aussi trop bas pour espérer y atteindre. Mais dès l'instant où vous avez mis le pied dans la bonne route, une lumière nouvelle s'est faite pour vous; vous avez commencé à goûter d'un bonheur inconnu, et l'espérance est entrée dans voire cœur. C'est queDieu écoute toujours la prière du pécheur repentant; il ne repousse aucun de ceux qui viennent à lui.
Pour rentrer complètement en grâce auprès de lui, appliquez-vousdésormais, non-seulement à ne plus faire de mal, mais à faire le bien, et surtout à réparer le mal que vous avez fait; alors vous aurez satisfait à la justice de Dieu; chaque bonne action effacera une de vos fautes passées.
La premier pas est fait; maintenant, plus vous a van cerez plus le chemin vous semblera facile et agréable Persévérez donc, et un jour vous aurez la gloire de compter parmi kles bons Esprits et les Esprits bienheureux.
Pour les Esprits endurcis»
75. Préface. Les mauvais Esprits sont ceux que le repentir n'a point encore touchés ; qui se plaisent au mal et n'en conçoivent aucun regret; qui sont insensibles aux reproches, re* poussent la prière et souvent blasphèment le nom de Dieu. Ce sont ces âmes endurcies qui, après la mort, se vengent sur les hommes des souffrances qu'elles endurent, et poursuivent de leur haine ceux à qui ils en ont voulu pendant leur vie, soit par l'obsession, soit par une funeste influence quelconque. (Ch. x, n° 6 ; ch. xn, noi 5, 6.)
Parmi les Esprits pervers, il y a deux catégories bien distinctes : ceux qui sont franchement mauvais et ceux qui sont hypocrites. Les premiers sont infiniment plus faciles à ramener au bien que les seconds ; ce sont le plus souvent des natures brutes et grossières, comme on en voit parmi les hommes, qui font le mal plus par instinct que par calcul, et ne cherchent pas à se faire passer pour meilleurs qu'ils ne sont; mais il y a en eux un germe latent qu'il faut faire éclore, et Ton y parvient presque toujours avec la persévérance, la fermeté jointe à la bienveillance, par les conseils, les raisonnements et la prière. Dans la médiumnité, la difficulté qu'ils ont à écrire le nom de Dieu est l'indice d'une crainte instinctive, d'une voix intime de la conscience qui leur dit qu'ils en sont indignes ; celui qui en est là est sur le seuil de la conversion, et l'on peut tout espérer de lui : il suffit de trouver le point vulnérable du cœur.
Les Esprits hypocrites sont presque toujours très intelligents, mais ils n'ont au cœur aucune fibre sensible; rien ne les touche ; ils simulent tous les bons sentiments pour capter la confiance, et sont heureux quand ils trouvent des dupes qui les acceptent comme de saints Esprits et qu'ils peuvent gouverner à leur gré. Le nom de Dieu, loin de leur inspirer la moindre crainte, leur sert de masque pour couvrir leurs turpitudes. Dans le monde invisible, comme dans le monde visible, les hypocrites sont les êtres les plus dangereux, parce qu'ils agissent dans l'ombre, et qu'on ne s'en méfie pas. Ils n'ont que les apparences de la foi, mais point de foi sincère.
76. Prière. — Seigneur, daignez jeter un regard de bonté sur les Esprits imparfaits qui sont encore dans les ténèbres de l'ignorance et vous méconnaissent, et notamment sur celui de N....
Bons Esprits, aidez-nous à lui faire comprendre qu'en induisant les hommes au mal, en les obsédant et en les tourmentant, il prolonge ses propres souffrances; faites que l'exemple du bonheur dont vous jouissez soit un encouragement pour lui.
Esprit qui vous complaisez encore au mal, vous venez d'entendre la prière que nous faisons pour vous; elle doit vous prouver que nous désirons vous faire du bien, quoique vous fassiez du mal.
Vous êtes malheureux, car il est impossible d'être heureux en faisant le mal ; pourquoi donc rester dans la peine quand il dépend de vous d'en sortir? Regardez les bons Esprits qui vous entourent; voyez combien ils sont heureux, et s'il ne serait pas plus agréable pour vous de jouir du même bonheur ?
Vous direz que cela vous est impossible; mais rien n'est impossible à celui qui veut, car Dieu vous a donné* comme à toutes ses créatures, la liberté de choisir entre le bien et le mal, c'est-à-dire entre le bonheur et le malheur, et nul n'est condamné à faire le mal. Si vousavez la volonté de le faire, vous pouvez avoir celle de faire le bien et d'être heureux.
Tournez vos regards vers Dieu; élevez-vous un seul instant vers lui par la pensée, et un rayon de sa divine lumière viendra vous éclairer. Dites avec nous ces simples paroles : Mon Dieu, je me repehs, pardonnez-moi. Essayez du repentir et de faire le bien au lieu de faire le mal, et vous verrez qu'aussitôt sa miséricorde s'étendra sur vous, et qu'un bien-être in-
connu viendra remplacer les angoisses que vous endurez.
Une fois que vous aurez fait un pas dans la bonne route, le reste du chemin vous semblera facile. Vous comprendrez alors combien de temps vous avez perdu par votre faute pour votre félicité; mais un avenir radieux et plein d'espérance s'ouvrira devant vous et vous, fera oublier votre misérable passé, plein de trouble et de tortures morales qui seraient pour vous l'enfer si elles devaient durer éternellement. Un jour viendra que ces tortures seront telles qu'à tout prix vous voudrez les faire cesser; mais plus vous attendrez, plus cela vous sera difficile.
-■»Ne croyez pas que vous resterez toujours dans l'état où vous êtes; non, cela est impossible; vous avez devant vous deux perspectives : l'une de souffrir beaucoup plus que vous ne le faites maintenant, l'autre d'être heureux comme les bons Esprits qui sont autour de vous : la première est inévitable si vous persistez dans votre obstination ; un simple effort de votre volonté suffit pour vous tirer du mauvais pas où vous êtes. Hâtez-vous donc, car chaque jour de retard est un jour perdu pour votre bonheur.
Bons Esprits, faites que ces paroles trouvent accès dans cette âme encore arriérée, afin qu'elles l'aident à se rapprocher de Dieu. Nous vous en prions au nom de Jésus-Christ, qui eut un si grand pouvoir sur les mauvais Esprits.
Pour les malades.
77. Préface. Les maladies font partie dos épreuves et des vicissitudes de la vie terrestre ; elles sont inhérentes à la gros-1
sièreté de notre nature matérielle et à l'infériorité du monde que nous habitons. Les passions et les excès de tous genres sèment en nous des germes malsains souvent héréditaires. Dans les mondes plus avancés physiquement ou moralement, l'organisme humain, plus épuré et moins matériel, n'est pas sujet aux mêmes infirmités, et le corps n'est pas miné sourdement par le ravage des passions (ch. ni, n° 9), Il faut donc se résigner à subir les conséquences du milieu où nous place notre infériorité, jusqu'à ce nous ayons mérité d'en changer. Cela ne doit pas nous empêcher, en attendant, de faire ce qui dépend de nous pour améliorer notre position actuelle; mais si, malgré nos efforts, nous n'y pouvons parvenir, le Spiritisme nous ' apprend à supporter avec résignation nos maux passagers.
Si Dieu n'avait pas voulu que les souffrances corporelles fussent dissipées ou adoucies dans certains cas , il n'aurait pas mis des moyens curatifs à notre disposition. Sa prévoyante sollicitude à cet égard, d'accord en cela avec l'instinct de conservation, indique qu'il est de notre devoir de les rechercher et de les appliquer.
A côté de la médication ordinaire, élaborée, par la science, le magnétisme nous a fait connaître la puissance de l'action fluidique; puis le Spiritisme est ^senu nous révéler une autre force dans la médiumnité guérissante et l'influence de la prière. (Voir ci-après la notice sur la médiumnité guérissante.)
78. Prière. (Par le malade.) — Seigneur, v,ous êtes toute justice; la maladie qu'il vous a plu de m'envoyer, j'ai dû la mériter, parce que vous n'affligez jamais sans cause. Je m'en remets, pour ma guérison, à votre infinie miséricorde; s'il vous plaît de me rendre la santé, que votre saint nom soit béni; si, au contraire, je dois encore souffrir, qu'il soit béni de même; je me soumets sans murmurer à vos divins décrets, car tout ce que vous faites, ne peut avoir pour but que le bien de vos créatures.
Faites, ô mon Dieu, que cette maladie soit pour moi un avertissement salutaire, et me fasse faire un retour
POUR LES MALADES ET LES OBSÉDÉS. 43 i
sur moi-même ; je l'accepte comme une expiation du passé, et comme une épreuve pour ma foi et ma soumission à votre sainte volonté. (V. la prière n° 40.)
79. Prière. (Pour le malade). — Mon Dieu, vos vues sont impénétrables, et dans votre sagesse vous avez cru devoir affliger N... par la maladie. Jetez, je vous en supplie, un regard de compassion sur ses souffrances, et daignez y mettre un terme.
Bons Esprits, ministres du Tout-Puissant, secondez, je vous prie, mon désir de le soulager; dirigez ma pensée afin qu'elle aille verser un baume salutaire sur son corps et la consolation dans son âme.
Inspirez-lui la patience et la soumission à la volonté de Dieu; donnez-lui la force de supporter ses douleurs avec une résignation chrétienne, afin qu'il ne perde pas le fruit de cette épreuve. (V. la prière n° 57.)
80. Prière. (Par le médium guérisseur.) — Mon Dieu, si vous daignez vous servir de moi, tout indigne que je suis, je puis guérir cette souffrance, si telle est votre volonté, parce que j'ai foi en vous; mais sans vous je ne puis rien. Permettez à de bons Esprits de me pénétrer de leur fluide salutaire, afin que je le transmette à ce malade, et détournez de moi toute pensée d'orgueil et d'égoïsme qui pourrait en altérer la pureté.
Pour les obsédés.
81. Préface. L'obsession est l'action persistante qu'un mauvais Esprit exerce sur un individu. Elle présente des caractères très différents, depuis la simple influence morale, sans signes extérieurs sensibles, jusqu'au trouble complet de l'organisme et des facultés mentales. Elle oblitère toutes les facultés médiani-
miques; dans la médiumnité par l'écriture elle se traduit par l'obstination d'un Esprit à se manifester à l'exclusion de tous autres.
Les mauvais Esprits pullulent autour de la terre, par suite de l'infériorité morale de ses habitants. Leur action malfaisante fait partie des fléaux auxquels l'humanité est en butte ici-bas. L'obsession, comme les maladies, et toutes les tribulations de la vie, doit donc être considérée comme une épreuve ou une expiation, et acceptée comme telle.
De même que les maladies sont le résultat des imperfections physiques qui rendent le corps accessible aux influences pernicieuses extérieures, l'obsession est toujours celui d'une imperfection morale qui donne prise à un mauvais Esprit. A une^ause physique on oppose une fores physique; à une cause morale il faut opposer une force morale. Pour préserver des maladies, on fortifie le corps; pour garantir de l'obsession, il faut fortifier l'âme; de là, pour l'obsédé, la nécessité de travailler à sa propre amélioration, ce qui suffit le plus souvent pour le débarrasser de J'obsesseur, sans le secours de personnes étrangères. Ce secours devient nécessaire quand l'obsession dégénère en subjugation et en possession, car alors le patient perd parfois sa volonté et. son libre arbitre.
L'obsession est presque toujours le fait d'une vengeance exercée par un Esprit, et qui le plus souvent a sa source dans les rapports que l'obsédé a eus avec lui dans une précédente existence. (Voy. chap. x, n° 6; ch, xn, noi 5, 6).
Dans les cas d'obsession grave, Pobsédé est comme enveloppé et imprégné d'un fluide pernicieux qui neutralise l'action des fluides salutaires et les repousse. C'est de ce fluide dont il faut le débarrasser; or un mauvais fluide ne peut être repousse fpar un mauvais fluide. Par une action identique à celle du médium guérisseur dans les cas de maladie, il faut expulser le* fluide mauvais à l'aide d'un fluide meilleur qui produit en quelque sorte l'effet d'un réactif. Ceci est l'action mécanique, mais qui ne suffit pas; il faut aussi et surtout agir sur l'être intelligent auquel il faut avoir le droit de parler avec autorité, et cette autorité n'est donnée qu'à la supériorité morale; plus celle ci est grande, plus l'autorité est grande.
Ce n'est pas tout encore; pour assurer ia délivrance, il faut amener l'Esprit pervers à renoncer à ses mauvais desseins; if
faut faire naître en lui le repentir et le désir du biun, à l'aide d'instructions habilement dirigées, dans des évocations particulières faites en vue de son éducation morale; alors on peut avoir la double satisfaction de délivrer un incarné et de convertir un Esprit imparfait.
La tache est rendue plus facile quand l'obsédé, comprenant sa situation, apporte son concours de volonté et de prière; il n'en est pas ainsi quand celui-ci, séduit par l'Esprit trompeur, se fait illusion sur les qualités de celui qui le domine, et se complaît dans l'erreur où ce dernier le plonge; car alors, loin de seconder, il repousse toute assistance. C'est le cas de la fas cination toujours infiniment plus rebelle que la subjugation la plus violente^ [Liv. des médiums, ch. xxin.)
Dans tous les cas d'obsession, la prière est le plus puissant auxiliaire pour agir contre l'Esprit obsesseur.
82. Prière. (Par l'obsédé.) — Mon Dieu, permettez aux bons Esprits de me délivrer de l'Esprit malfaisant qui s'est attaché à moi. Si c'est une vengeance qu'il exerce pour des torts que j'aurais eus jadis envers lui, vous le permettez, mon Dieu, pour ma punition, et je subis la conséquence de ma faute. Puisse mon repentir me mériter votre pardon et ma délivrance f Mais, quel que soit son motif, j'appelle sur lui votre miséricorde; daignez lui faciliter la route du progrès qui le détournera de la pensée de faire le mal. Puissé-je, de mon côté, en lui rendant le bien pour le mal, l'amener à de meilleurs sentiments.
Mais je sais aussi, ô mon Dieu, que ce sont mes imper lections qui me rendent accessible aux influences des Esprits imparfaits. Donnez-moi la lumière nécessaire pour les reconnaître; combattez surtout en moi l'orgueil qui m'aveugle sur mes défauts.
Quelle ne doit pas être mon indignité, puisqu'un être malfaisant peut me maîtriser I
Faites, ômon Dieu, que cet échec porté à ma vani(é me serve de leçon à l'avenir: qu'il me fortifie dans la résolution que je prends de m'épurer par la pratique du bien, de la charité eUde l'humilité, afin d'opposer désormais une barrière aux mauvaises influences.
Seigneur, donn'ez-moi la force de supporter cette épreuve avec patience et résignation ; je comprends que, comme toutes les autres épreuves, elle doit aider à mon avancement si je n'en perds pas le fruit par mes murmures, puisqu'elle me fournit une occasion de montrer ma soumission, et d'exercer ma charité envers un frère malheureux, en lui pardonnant le mal qu'il me fait. (Gh. xii, n0,5,6; ch. xxvm, no815 et suiv., 46, 47.)
83. Prière. (Pour l'obsédé.) — Dieu Tout-Puissant, daignez me donner le pouvoir de délivrer N... de l'Esprit qui l'obsède; s'il entre dans vos desseins de mettre un terme à cette épreuve, accordez-moi la grâce de parler à cet Esprit avec autorité.
Bons Esprits qui m'assistez, et vous, son ange gardien, prètez-moi votre concours; aidez-moi à te débarrasser du fluide impur dont il est enveloppé.
Au nom de Dieu Tout-Puissant, j'adjure l'Esprit malfaisant qui le tourmente de se retirer..
84. Prière. (Pour l'Esprit obsesseur.) — Dieu infiniment bon', j'implore votre miséricorde pour l'Esprit qui obsède N..., faites-lui entrevoir les divines clartés, afin qu'il voie la fausse route où il s'est engagé. BonsEsprits, aidez-moi à lui faire comprendre qu'il a tout à perdre en faisant le mal, et tout à gagner en faisant le bien.
Esprit qui vousplaisezà tourmenterN..., écoutez moi, i*.ar je vous parle au nom de Dieu,
Si vous voulez réfléchir, vous comprendrez que le mal ne peut l'emporter sur le bien, et que vous ne pouvez être plus fort que Dieu et les bons Esprits.
Ils auraient pu préserver N... de toute atteinte de votre part; s'ils ne Ton t pas fait, c'est qu'il (ou elle) avait une épreuve à subir. Mais quand cette épreuve sera finie, ils vous enlèveront toute action sur lui; le mal que vous lui avez fait, au lieu de lui nuire, aura servi à son avancement, et il n'en sera que plus heureux ; ainsi votre méchanceté aura été une pure perte pour vous, et tournera contre vous.
Dieu, qui est tout -puissant, et les Esprits supérieurs ses délégués, qui sont plus puissants que vous, pourront donc mettre un terme à cette obsession quand ils le voudront, et votre ténacité se brisera devant cette suprême autorité. Mais, par cela même que Dieu est bon, il veut bien vous laisser le mérite de cesser de votre propre volonté. C'est un répit qui vous est accordé; si vous n'en profitez pas, vous en subirez les déplorables conséquences; de grands châtiments et de cruelles souffrances vous attendent ; vous serez forcé d'implorer leur pitié et les prières de votre victime, qui déjà vous pardonne et » prie pour vous, ce qui est un grand mérite aux yeux de Dieu, et hâtera sa déli- ' vrance.
Réfléchissez donc pendant qu'il en est temps encore, car la justice de Dieu s'appesantira sur vous comme sur tous les Esprits rebelles. Songez que le mal que vous faites en ce moment aura forcément un terme, tandis que, si vous persistez dans voire endurcissement, vos souffrances iront sans cesse en augmentant.
Quand vous étiez sur la terre, n'auriez-vous pas trouvé stupide de sa ci ifier un grand bien uour une petite
satisfaction d'un moment? Il en est de même maintenant que vous êtes Esprit. Que gagnez-vous à ce que vous faites? Le triste plaisir de tourmenter quelqu'un, ce qui ne vous empêche pas d'être malheureux, quoi que vous puissiez dire5 et vous rendra plus malheureux encore.
A côté de cela, voyez ce que vous perdez; regarde? les bons Esprits qui vous entourent, et voyez si leur sort n'est pas 'préférable au vôtre? Le bonheur dont ils jouissent sera voire partage quand vous le voudrez. Que faut-il pour cela? Implorer Dieu, et faire le bien au lieu de faire le mal. Je sais que vous ne pouvez pas vous transformer tout d'un coup; mais Dieu ne demande pa.5 l'impossible; ce qu'il veut, c'est de la bonne volonté. Essayez dorïc, et nous vous aiderons. Faites que bientôt nous puissions dire pour vous la prière pour les Esprits repentants (n° 73), et ne plus vous ranger parmi les mauvais Esprits, en attendant que vous puissiez compter parmi les bons. 1
(Voir aussi, ci-dessus, n° 75, la prière pour les Esprits endurcis.)
Remarque. La cure des obsessions graves requiert beaucoup de patience, de persévérance et de dévouement; elle exige aussi du tact et de l'habileté pour amener au bien des Esprits souvent très-pervers, .endurci* et astucieux, car il en est de rebelles au dernier degré; dans la plupart des cas, il faut se guider selon les circonstances; mais, quel que soit le caractère de l'Esprit, il est un fait certain, c'est qu'on n'obtient rien par la contrainte ou la menace; toute l'influence est dans l'ascendant moraL Une autre vérité, également constatée par l'expérience aussi bien que par la logique,
c est la complète inefficacité des exorcismes, formules, paroles sacramentelles, amulettes, talismans, pratiques extérieures ou signes matériels quelconques.
L'obsession longtemps prolongée peut occasionner des désordres pathologiques, et requiert parfois un traitement simultané ou consécutif soit magnétique, soit médical, pour rétablir l'organisme. La cause étant détruite, il reste à combattre les effets. (V. Livre des médiums, ch. xxin ; de l'obsession. — Bévue spirite, février et mars 1864; avril 1865 : exemples de cures d'obsessions.)