ACTE PREMIER
[Le docteur sourit à Longuyon et hoche la tète avec l'air de dire : Soye:{ tranquille.)
LONGUYON, à madame de Caltenières.
Un cœur d'or, ce docteur La Relieuse ! MADAME DE cattenières, qui avait suivi tout le manège le face-à-main aux yeux.
N'est-ce pas ?
LONGUYON
C'est donc vous, madame, qui faites les honneurs de la maison ?... Je ne m'en plains pas !
Lucienne va venir.
LONGUYON
Et son père, M. Bertry?
MADAME DE CATTENIÈRES
Il doit être auprès de son frère.
LONGUYON
J'ai toujours été surpris que deux êtres aussi différents que le docteur et M. Bertry pussent habiter ensemble. M. Bertry a fait sa fortune dans l'industrie, n'est- il pas vrai?
MADAME DE CATTENIÈRES
Il ne l'y a pas faite ; il l'y a refaite, car, à vingt-cinq ans, il avait gaspillé sa part d'héritage.
LONGUYON
Des petites dames ?
MADAME DE CATTENlÈRES
Non... une seule, d'abord, les autres ne sont venues qu'après !
LONGUYON
Il ne s'est pas rangé?
MADAME DE CATTENlÈRES
Au contraire... depuis les belles madames de province, monsieur, jusqu'aux ouvrières de son usine... pouah !
LONGUYON
Don Juan...
MADAME DE CATTENlÈRES
Don Juan fabricant de laines... c'est cela.
LONGUYON
Et sa femme a toujours ignoré...
MADAME DE CATTENlÈRES
Sa femme ?
LONGUYON
Madame Bertry?
MADAME DE CATTENlÈRES
Vous avez connu madame Bertry, vous?
LONGUYON
Non.
MADAME DE CATTENlÈRES
Madame Longuyon l'a connue?