‹ L'évasion: comédie en trois actesChapitre 89 sur 113 · ACTE TROISIÈME I · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME I

pas en mauvaise part... c'est tellement drôle... Il a guéri Brinvillard 1

MORiENVAL, en même temps.

Il a guéri Brinvillard !

LA. BELLEUSE. Rire, puis reprenant son sérieux, Savez-vous qui le soignait, Brinvillard ? {Un temps.) C'était le docteur Bertry... (Triomphant.) Ah !

BERTRY

D'accord. Mais Brinvillard ne pouvait pas se tenir debout, et hier, on l'a vu chasser. Qu'est-ce que vous en dites ?

LA BELLEUSE

Je dis... je dis que si je le voyais moi-même, je n'y croirais pas... Mais, mon cher, comprenez donc qu'il y a des lois, dans la nature; des lois, vous entendez ; des lois qu'on ne transgresse pas 1...

MORIENVAL

A quoi servirait-il qu'il y en ait, s'il était possible de les transgresser ?

LA BELLEUSE, à Richon.

Vraiment, mon cher collègue, qu'est-ce que vous pensez de cela ? Bien entendu, j'écarte monsieur Bertry, qui est de bonne foi; mais les autres... ces malades qui ont perdu la confiance dans le savoir des premiers d'entre nous... et qui vont se mettre entre les mains

d*un berger... cela ne vous révolte pas, une bêtise pareille ?

RICHON

LA BELLEUSE

X*Jon.

Non!

RICHON, avec bonté.

Non... Songez donc combien il faut qu'ils souffrent, ces malheureux, pour aller mendier à un berger quelques paroles d'espérance ! C'est de la bêtise, 'lites» TOUS ?... peut-être... mais elle est faite de tant de douleurs, de faiblesses et de misères, cette bêtise-là... Et puis, nous devons le reconnaître, nous ne savons pas tout...

BERTRY

Vous, Richon, vous admettez que ce berger ait pu obtenir une guérison ?

RICHON

Mon Dieu, pourquoi pas ?

LA BELLEUSE

Vous dites cela ! Vous n'avez donc iucune foi dans notre art ?

RICHON

De la foi dans la médecine, je n'en ai plus guère, c'est vrai, et je vais vous dire pourquoi... Je n'ai pas pu empêcher mon fils unique de mourir à dix-sept ans,

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