ACTE PREMIER
LE DOCTEUR, ûprès avoW regardé autour de lui et à mi-voix.
Toujours la même chose.
BERTRY
La nuit ?
LE DOCTEUR
Mauvaise !
BERTRY
Pauvre vieux ! Enfin, qu'est-ce que tu as?
LE DOCTEUR
Moins ignorant des clioses de la science, tu saurais que les maladies des médecins sont presque toujours des maladies exceptionnelles.
BERTRY
Et si c'était un client qui fût affligé de ton mal?
LE DOCTEUR
Eh ! Si c'était un client, je serais bien forcé de trouver un nom à son cas... et je lui donnerais de l'espérance dans sa guérison... je le tromperais — mais je ne puis pas me tromper moi-même...
Si tu voyais un médecin?
LE DOCTEUIÎ,
Tu es bête.
Pourquoi pas?
BERTRY
LE DOCTEUR
On se moquerait de moi.
BERTRY
Tu sais mon opinion sur la médecine, Je n'y crois pas... seulement, comme toi, tu es bien forcé d'y croire,
je pensais...
LE DOCTEUR
C'est bon... As-tu trouvé un nouveau régisseur?
BERTRY
Non.
LE DOCTEUR
Le bon docteur Richon est allé en voir un... Ça ne te tenterait pas, toi, de te mettre à la tête de cette grande exploitation agricole ?
BERTRY
Moi?... Alors, tu crois que parce que j'ai été jadis industriel, je puis m'improviser agriculteur, à mon âge?... Pourquoi n'y envoies-tu pas ton beau-fils, à Ebreville ?
LE DOCTEUR
Jean ?
BERTRY
Dame!... les terres sont à lui... il est maladif, cela lui ferait du bien.
LE DOCTEUR
Rien du tout.