‹ L'Ève nouvelleChapitre 2 sur 72 · OUVRAGES DU MÊME AUTEUR · texte numérisé non relu

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

Les petites Religions de Paris, 1 vol. in-i8 raisin (Léon Chailley, 3 fr. 50).

Le Satanisme et la Magie, in-8** carré avec illustrations et appendice, 8 francs (Léon Chailley).

Le même, sans illustrations ni appendice, in-i8 jésus, 3 fr. 50.

L^Eternelle Poupée, roman.

La Douleur d'aimer, romap.

Les Noces de Sàthan, vers.

Prière, vers.

La Porte héroïque du Ciel, vers.

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Le Commerce amoureux des sages avec les dames et les demoiselles des éléments (Léon Chailley).

Le Miracle moderne, avec illustrations (Léon Chailley).

Tous droits de tradactioii réserves pour tous pays, y compris la Suéde et la Norvège. S'adreaier pour traiter, 4 l'éditeur;

FIN DE L'ANTHROPOCENTRISME

J'ai longtemps hésité avant d'écrire ces pages oîi 'aurais voulu fixer la mission e t l'esjioir Je l'Eve uture ; elles sont d'ordinaire si écœurantes, les proessious de foi de l'homme sur la femme. Il la juge oujours de son point de vue à lui, pour lui, selon ui, jamais elle ne possède à ses yeux une personlalité propre. Elle est toujours, non pas la femme, nais sa femme. Comment ne pas sourire de la laïveté et de l'outrecuidance viriles, subordonnant

notre compagne au rôle d'un chien du logis, nourri parce qu-il est caresssanl^ et qui doit nous suivre? Oui, qu'enfin la femme ne tourne plus autour de l'homme, comme la pâle et timide lune autour de la terre, mais qu'elle soit dans l'évolution de soi destin un astre libre ! L'ant hropocentrisme (l'homme centre du monde) est une. erreur di m oyen âg e que les découvertes modernes et Té mancipation de la pensée ont refoulée de défaite en défaite jusque dans la psychologie et la sociologie, ses derniers refuges; mais l'aurore dv XX® siècle, il faut la déloger de là encore. Vous rappelez-vous le cri de Galilée déclarant que la terre n'était pas immobile, que le soleil ne tour-^ iieftt pas autour d'elle? Ce cri, il faut le pousser contre la sotte prévention de l'homme. Non, nou? ne somjnes pas immobiles, laJemme n'est pas Kn docile satellite qui gra\îte autour de notre solennelle importance. La femme est une étoile, elle aussi, une étoile qui ne subit que de volontaires attractions. L^cjmygae n'est point son but, son moteur, son destin, sa lumière. La fe mme v aut

par soi seule d'abord , elle est en elje:.méme un être humain .

Je vois les sourires sceptiques, j'entends déjà les paroles usitées, éternellement redondantes qui coulent comme un fleuve banal et vain aux lèvres fates des fils d'Adam. « Mais la femme a besoin de protection ; c'est un enfant délicieux et fragile, s'écrient les uns, elle est la mère des doux péchés, la joie de nos nerfs, Fallégresse des nuits, la fleur qui marche, le joujou de tout âge. >> Ces paroles me sont encore moins insupportables que les vaticinations des austères qui me répondent : € La femme est la déesse du foyer, Tange, la mère éternelle, elle est faite pour garder la maison et moucher les moutards; hors du seuil, elle trébuche. » Va, Eve dont les chaînes sont parfumées d'un idolâtre encens, réserve tes mains de serve aux travaux des ménagères, ofl're ton corps à la race comme un sanglant autel, sois la fabrique de l'humanité, la meule inconsciente qui broie les germes pour le pain futur de l'Espèce, sois la machine à qui toute initiative est supprimée — et

contente-toi, comme récompense, de ce respect intéressé que le contremaître a pour ses pistons, pour ses courroies et pour ses roues, ou de cette pitié utiLe que le forgeron professe peut-être pour Tantique enclume lasse, où son marteau retombe imperturbablement. . .

Oui, il a dit les deux mots brefs où se résume toute la pensée masculine à travers les siècles, ce Proudhon qui ordonne à la femme de rester € courtisane ou ménagère ». Agréable ou utile à

rhommo. Instrument de félicité ou de nécessité. Pas plus. Et celles qui tentèrent d'échapi)er à cette impérieuse formule, elles furent écrasées non seulement par la ligue des volontés viriles, mais aussi par l'obéissante phalange des autres femmes, effrayées de cette révolte qui était pour elle un exemple et un reproche. Proudhon n'a été que la conscience nette et l'affirmation d'une opinion presque universelle, si profondément incrustée au cœur de Thumanité qu Vile semble, pour la plupart des individus de l'un ou l'autre sexe, une loi natu-

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rello et non pas une honteuse dôvialion, une monstrueuse injustice.

Eh bien, il faut répondre à Proudhou : € Cou rjisane si elle le veut, niénag^èr e si elle le veut, autre chose si elle le v eut (entre la courtisane et la ménagère il y a tant d'espace, les faits euxmêmes l'ont montré) mais être humain d'abord , — autant que Tliomme lui-môme, — libres d e sa pensée et de son corp s, portant en soi une mission particulière. »

J'ai écouté à travers bien des discours au congrès féministe de 1896, à Paris, deux cris dinie telle acuité et d'une telle ampleur que je nuî dois de les répéter ici .

Le premier, c'est M"' Ililda Sachs qui le jeta d'une voix tremblante de conviction et presque

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