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paraît se donner, ils seraient moins envoyés par elle qu'attirés hors d'elle par une espèce d'aspiration ou de succion du milieu ambiant \ De proche en proche, on étendra ce mode d'explication aux mouvements plus complexes que l'Infusoire lui-même exécute avec ses cils vibratiles, lesquels ne sont d'ailleurs, probablement, que des pseudopodes consolidés.
Toutefois, il s'en faut que les savants soient d'accord entre eux sur la valeur des explications et des schémas de ce genre. Des chimistes ont fait remarquer qu'à ne considérer même que l'organique, et sans aller jusqu'à l'organisé, la science n'a reconstitué jusqu'ici que les déchets de l'activité vitale ; les substances proprement actives, plastiques, restent réfractaires à la synthèse. Un des plus remarquables naturalistes de notre temps a insisté sur l'opposition des deux ordres de phénomènes que l'on constate dans les tissus vivants, anagenèse d'un côté et catagenèse de l'autre. Le rôle des énergies anagénétiques est d'élever les énergies inférieures à leur propre niveau par l'assimilation des substances inorganiques. Elles construisent les tissus. Au contraire, le fonctionnement même de la vie (à l'exception toutefois de l'assimilation, de la croissance et de la reproduction), est d'ordre catagénétique, descente d'énergie et non plus montée. C'est sur ces faits d'ordre catagénctique seulement que la physico-chimie aurait prise, c'est-à-dire, en somme, sur du mort et non plus sur du vivant \ Et il est certain que les faits du premier genre paraissent réfractaires à l'analyse
1. Berthold, Studien iiber Protoplasmamechanik, Leipzig, 1886, p. 102. — Cf. l'explication proposée par Le Dantec, Théorie nouvelle de la vie, Paris, 1896, p. 60.
2. Cope, The primarj faclors of organic évolution, Chicago, 1896, p. 475-
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physico-chimique, même s'ils ne sont pas.Qii sens propre du mot, anagénétiques. Quant à l'imitation artificielle de l'aspect extérieur du protoplasme, doit-on y attacher une réelle importance théorique, alors qu'on n'est pas encore fixé sur la configuration physique de cette substance ? De le recomposer chimiquement il peut encore moins être question pour le moment. Enfin une explication physicochimique des mouvements de l'Amibe, à plus forte raison des démarches d'un Infusoire, paraît impossible à beaucoup de ceux qui ont observé de près ces organismes rudimentaires. Jusque dans ces manifestations les plus humbles de la vie ils aperçoivent la trace d'une activité psychologique efficace \ Mais ce qui est instructif par-dessus tout, c'est de voir combien l'étude approfondie des phénomènes histologiques décourage souvent, au lieu de la fortifier, la tendance à tout expliquer par la physique et la chimie. Telle est la conclusion du livre vraiment admirable que l'histologiste E.-B. Wilson a consacré au développement de la cellule : « L'étude de la cellule pa- <( raît, en somme, avoir élargi plutôt que rétréci l'énorme <( lacune qui sépare du monde inorganique les formes, (( même les plus basses, de la vie^ »
En résumé, ceux qui ne s'occupent que de l'activité fonctionnelle de l'être vivant sont portés à croire
1. Maupas, jÉfucfedes Infnsoires ciliés (Arch. de zoologie expérimentale , i883), p. ^7, '^91» 5 18, 5/j9 en particulier. — P. Vignon, Recherches de cytologie générale 8ar les épilhéliums, Paris, 1902, p. G55. — Une étude approfondie des mouvements de l'Infusoire, et une critique très pénétrante de l'idée de tropisme, a été faite dans ces derniers temps par Jennings (^Contributions to the stady of the behavior of lower organisais, Washington, 1904). Le «type de conduite » de ces organismes inférieurs, tel que Jennings le définit (p. 287- \352), est incontestablement d'ordre psychologique.
2. « The study of thc cell lias on thc whole seemed to widen rather than lo narrovv theenormous gap that séparâtes cven the lowcst forms of lifc frohi thc inorganic world. « (E. B. Wilson, The cell in deoelopment and inheriance, New- York, 1897, p. 33o.)
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que la physique et la chimie nous donneront la clef des processus biologiques Mis ont surtout affaire, en effet, aux phénomènes qui se répètent sans cesse dans l'être vivant, comme dans une cornue. Par là s'exphquent en partie les tendances mécanistiques de la physiologie. Au contraire, ceux dont l'attention se concentre sur la fine structure des tissus vivants, sur leur genèse et leur évolution, histologistes etembryogénistes d'une part, naturalistes de l'autre, sont en présence de la cornue elle-même et non plus seulement de son contenu. Ils trouvent que cette cornue crée sa propre forme le long d'une série unique d'actes constituant une véritable histoire. Ceux-là, histologistes, embryogénistes ou naturalistes, sont loin de croire aussi volontiers que les physiologistes au caractère physicochimique des actions vitales.
A vrai dire, ni l'une ni l'autre des deux thèses, ni celle qui affirme ni celle qui nie la possibilité de jamais pro^ duire chimiquement uq organisme élémentaire, ne peut invoquer l'autorité de l'expérience. Elles sont toutes deux invérifiables, la première parce que la science n'a pas en- <3ore avancé d'un pas vers la synthèse chimique d'une substance vivante, la seconde parce qu'il n'existe aucun moyen concevable de prouver expérimentalement l'impossibilité d'un fait. Mais nous avons exposé les raisons théoriques qui nous empêchent d'assimiler l'être vivant, ^système clos par la nature, aux systèmes que notre science isole. Ces raisons ont moins de force, nous le reconnaissons, quand il s'agit d'un organisme rudimentaire tel que l'Amibe, qui évolue à peine. Mais elles en acquièrent da- Nantage si l'on considère un organisme plus complexe, qui accomplit un cycle réglé de transformations. Plus la