III. - AU POINT DE VUE SPÉCIAL DE L’ENSEIGNEMENT
L’instruction préliminaire de l’étudiant chirurgien-dentiste (avant l’entrée dans les écoles) doit se composer :
1'' D’une instruction littéraire comprenant au moins la connaissance de deux langues vivantes (la langue nationale comprise);
2° D’une instruction scientifique dans laquelle on aura insisté sur la physique, la chimie et l’histoire naturelle;
3°D’une instruction manuelle d’au moins une année, qui aura été obtenue soit par le stage dans une école de travail mécanique (manual training), soit dans un laboratoire de prothèse particulier, soit par le stage dans une école dentaire qui aurait organisé une année préparatoire consacrée à cet enseignement.
Le programme scientifique et médical des études satisfait aux exigences actuelles des examinateurs et des praticiens.
Toutefois en cas d’augmentation de la durée des études, les travaux pratiques de dissection, d’histologie et de bactériologie pourraient être augmentés d’un trimestre et portés ainsi à 9 mois, en commençant en année, conformément à la méthode d’organisation parallèle des cours préconisée plus haut;
Les 3 mois complémentaires s’appliquant plutôt aux travaux pratiques d’anatomie pathologique.
Le stage hospitalier doit être limité aux services de consultation externe de médecine et de chirurgie. L’enseignement de la stomatologie clinique complète l’instruction médicale pratique du chirurgien-dentiste, quoiqu’il doive toujours
considérer son champ d’action limité à la région gingivodentaire.
L’enseignement technique, qui comprend la dentisterie opératoire, l’anesthésie et la prothèse, doit être donné dès le début des études, en même temps que l’enseignement scientifique et médical et se poursuivre comme lui jusqu’à la fin, suivant la méthode des cours parallèles.
Il y a avantage à ce que l’étudiant ne soit admis à exécuter des opérations sur les patients que lorsqu’il aura exécuté plusieurs fois les mêmes opérations en dehors de la bouche, au laboratoire, sur les dents naturelles implantées dans des modèles en plâtre, sur la table de travail; puis au fauteuil d’opérations, sur l’appareil dit « fantôme » ou par un système analogue et même sur le cadavre, cela doit constituer un enseignement de laboratoire pour la dentisterie opératoire comme pour la prothèse d’au moins une année. La prothèse du laboratoire fait partie, au même titre que la prothèse clinique, des connaissances techniques indispensables au chirurgien-dentiste. Autant par humanité que pour la bonne instruction de l’élève, l’extraction des dents ne doit occuper dans l’enseignement technique que la place très restreinte qu’elle occupe maintenant dans la thérapeutique dentaire moderne, c’est-à-dire qu’elle doit être limitée aux cas strictement indiqués.
L’anesthésie générale ou locale doit être employée dans les écoles dentaires pour toutes les extractions et, d’une manière générale, pour toutes les opérations douloureuses.
Les services dentaires hospitaliers ne peuvent être que des services de consultation et d’extraction pour les malades de
l’Assistance publique, et non des services d’enseignement de la dentisterie.