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LES ÉLÈVES

Depuisla date de sa fondation (1880), c’est-à-dire pendant une période de vingt ans, l’École Dentaire de Paris a reçu un grand nombre d’élèves qui se décomposent ainsi :

io4

1890- 1891. loy

1898-1894. iï5

1896- 1897. ii5

Total. 2.081

Parmi ces 2081 élèves, 1527 sont nés en France et 554 à l’étranger.

I' Sur ces 2081 élèves, 457 ont suivi les cours jusqu’au bout et ont été diplômés.

Plus de onze cents dentistes, venus de tous les points de la France et de l’étranger, ont, jusqu’à ce jour, suivi une scolarité régulière et complète, et la plupart ont subi avec succès les examens de sortie. Plus de quatre cents ont,depuis la fondation,obtenu le diplôme de fin d’études.

On peut voir, par le tableau ci-contre (PI. I), la progression du nombre des élèves depuis la fondation ; ce nombre, qui était de 46 en 1880, s’est élevé, dix ans après (1890), à 107, et il a atteint 185 en 1900.

GoDOIt.

Planche L—Tableau indiquant la progression des élèves depuis la première année scolaire 1880-1881 jusqu’à 1898-1899.

PRÉPARATION AUX EXAMENS D’ÉTAT Depuis la promulgation de la loi du 30 novembre 1892, 624r candidats ont subi avec succès les examens devant la Faculté de médecine pour obtenir le diplôme d’État de chirurgien-dentiste. Sur ce nombre, 344 étaient d’anciens élèves ou diplômés de l’École Dentaire de Paris.

En 1894.

D’après les statistiques récemment publiées par le ministère de l’Intérieur et que nous reproduisons ici, le nombre des dentistes exerçant en France au l®''janvier 1900 élaitde 1679, dont 376 diplômés chirurgiens-dentistes et 1303 patentés.

Ces statistiques,quoique officielles,ne sont pas très exactes, comme le prouvent les protestations que nous avons reçues. C’est pourtant le seul document officiel que nous possédons.

II y a bien aussi l’Annuaire, publié en 1883 par la Chambre syndicale de l’Art dentaire, et le Répertoire odontologique publié par le Monde dentaire en 1896.

Le premier évaluait le nombre des dentistes en 1883 à 938 (Algérie comprise).

Le 2® les évaluait en 1896 à 2143, l’Algérie non comprise.

Si nous nous en tenons aux chiffres donnés par le ministre de l’Intérieur, on peut dire, résumant l’action directe de l’École Dentaire de Paris, qu’en 20 années elle a donné l’instruction professionnelle à 1/5 des chirurgiens-dentistes exerçant en France, qu’elle a préparé la moitié des chirurgiens-dentistes de la Faculté de médecine de Paris à l’examen d’État; qu’enfin,par surcroît, elle ainslruitooO chi-

rurgiens-dentistes exerçant à l’étranger qui ont été y porter le renom de la France, de sa langue, etc.

Voilà pour l’action directe.

ASSOCIATION SCIENTIFIQUE DE L’ÉCOLE DENTAIRE DE PARIS. - SOCIÉTÉ D’ODONTOLOGIE DE PARIS

Mais son œuvre d’enseignement ne s’est pas bornée là. La Société de l’École Dentaire a créé l’instruction professionnelle des élèves chirurgiens-dentistes par l’École proprement dite, mais elle a aussi créé l’enseignement mutuel des adultes au moyen de la Société d’Odontologie, fondée en 1881 par le Cercle des dentistes, sous le nom d’Association scientifique de l’École Dentaire de Paris.

Le 6 décembre 1881 avait lieu la première réunion préparatoire d’organisation, sur notre initiative.

Un comité d’organisation de 9 membres fut chargé d’élaborer des projets de statuts et le 30 décembre une nouvelle réunion était organisée pour l’adoption de cés statuts.

Le 27 janvier 1882,1e bureau était constitué et les travaux commençaient immédiatement lors de la fusion des divers groupes réunis autour de l’École Dentaire. Cette association scientifique devint la Société d’Odontologie de Paris, c’està-dire une des branches de l’Association Générale des dentistes de France (1).

La société, qui se réunit une fois par mois, a pour but de vulgariser les connaissances acquises ayant rapport à l’art ou à la science dentaire, et de produire et de discuter des faits nouveaux. Les travaux de ces séances se composent de la lecture du procès-verbal de la séance précédente, de la correspondance, des élections, des rapports des commissions, de la lecture des observations, mémoires, ouvrages des mem-

(1) Blocmaîï, Compte-rendu général des travaux et historique de la Société d’Odontologie (1881-1885).

bres de la Société ou adressés à la Société, de l’exposition ou de la démonstration d’objets matériels, etc.

Le dimanche précédant le jour de la séance de la Société, a lieu plusieurs fois par au une séance clinique, où il est fait sur le malade des démonstrations pratiques de dentisterie opératoire. Tous les ans, à la séance de la fin de session, avant les communications, la Société peut décerner, sur la proposition du bureau :

1° Un prix au travail ou à la découverte faite dans les cinq dernières années, et qui aura le plus contribué à l’avancement de la science ou de la pratique professionnelle;

2® Un prix au dentiste français qui aura, dans Tannée, par un travail scientifique ou une découverte, le plus contribué à l’avancement de la science ou de la pratique professionnelle.

Les prix de la Société d’Odontologie consistent en une médaille d’or, de vermeil ou un diplôme spécial.

Pendant ces 20 années, la Société a été fidèle à son but, à Tégard des différents membres de la Société aujourd’hui au nombre de 500, dont 249 de Paris, 147 des départements et des colonies et 64 de l’étranger. Chaque mois ils ont été convoqués à des réunions scientifiques, où ont été discutées des communications intéressantes, soit au point de vue de la science odontologique pure, soit au point de vue de la technique. Des démonstrations cliniques ont également lieu, le plus souvent le dimanche matin, au Dispensaire de l’École. C’est ainsi que tous les nouveaux procédés, les nouveaux instruments venant de France ou de l’étranger, ont pu être répandus, vulgarisés avec rapidité parmi les membres de la profession, pour le plus grand bien des dentistes et du public.

Enfin, la belle collection des vingt années du journal VOdontologie, qui publie chaque mois le compte-rendu de ses séances, montre l’importance du mouvement scientifique

provoqué par cette Société. Nous montrerons plus loin son action pour la création des congrès.

LE JOURNAL « L’ODONTOLOGIE »

La Société de l’École a fait naître et fait vivre un journal professionnel qui sert de lien entre les membres de la Société, répand et vulgarise les découvertes et les progrès techniques.

U Odontologie est l’organe de l’Association Générale des dentistes de France, de l’Ecole Dentaire de Paris et de la Société d’Odontnlogie de Paris. C’est le plus important et le plus répandu des journaux dentaires de langue française.

Il a été fondé en 1881 par le Cercle des dentistes de Paris, transformé depuis en Association générale des dentistes de France, le plus nombreux de tous les groupements de dentistes français, en vue de la diffusion scientifique des questions se rapportant à l’art dentaire, de l’étude et de la défense des intérêts professionnels et du relèvement de la profession en France.

IJ Odontologie n’est pas une entreprise commerciale cherchant des bénéfices, mais une œuvre de vulgarisation, imposant à ses collaborateurs un sacrifice de temps relativement important.

Ses rédacteurs ne reçoivent aucune rémunération, non plus que les membres du comité d’administration. Toutes les ressources disponibles sont employées à des améliorations matérielles (augmentation du nombre des pages, porté successivement de 300 à 1.500 par an, illustrations, etc.), et les bénéfices, s’il en est réalisé, sont versés dans la caisse de l’Association.

Paraissant une fois par mois lors de sa création, l’Odontologie est devenue bi-mensuelle depuis 1897, et paraît le 1®’’ et le 15 de chaque mois.

Depuis le l®’^ janvier 18991a mise en pages adoptée permet

de détacher séparément chaque article,et de le classer dans une chemise ne contenant que des travaux de même nature.

Le journal est servi gratuitement aux cinq cents membres de l’Association; pour les abonnés,le prix annuel est seulement de 10 francs.

U Odontologie est une tribune libre, où toutes les opinions peuvent se produire : elle tient ses lecteurs au courant de tout ce qui intéresse l’art dentaire.

Dans les Travaux originaux paraissent d’importantes et d’intéressantes études d’anatomie, d’histologie, de pathologie, de thérapeutique et de prothèse dentaires sur des sujets à l’ordre dujour.

La Revue clinique et les Moyens et procédés nouveaux complètent ces contributions.

Dans la partie consacrée aux Sociétés savantes insérés in extenso le compte rendu des séances de la Société d’Odontologie de Paris et un résumé des réunions des diverses sociétés françaises, dentaires ou autres.

Revue analytique des journaux de médecine, de chirurgie et de pharmacie, donne un aperçu de tous les articles se rapportant à l’art dentaire, contenus dans les divers journaux scientifiques, tandis que tous les ouvrages concernant la science odontologique sont analysés dans le chapitre Livres et Revues. A ces analyses est joint un Index bibliographique de tous les livres dentaires, en quelque langue qu’ils soient écrits.

Des traductions ou des extraits des articles publiés dans les grands journaux professionnels des différents pays trouvent place dans les Travaux de Vétranger.

Dans la Jurisprudence professionnelle, un spécialiste traite toutes les questions de droit, commente tous les jugements intéressant la profession, et renseigne les lecteurs sur l’interprétation des dispositions législatives qui la régissent.

Sous la rubrique Bulletin,?,oni^Mh\\és des articles danslesquels sont traitées àfond les questions d’actualité, principalement sous les titres Intérêts professionnels^ Chronique professionnelle. Documents professionnels, suivant leur nature.

Sous le titre U art dentaire à travers les siècles paraît le résumé de recherches historiques de nature à intéresser la profession.

Quelques articles de variétés sont publiés sous le nom de Varia; de leur côté, la Correspondance, la Nécrologie, les Nouvelles et la Dernière heure sont consacrées à des communications de 'moindre importance, complétant la partie scientifique du journal.

A jl’aide de la Tribune ouverte, les lecteurs peuvent poser toutes les questions dont la solution les préoccupe, des réponses succinctes leur fournissent les renseignements qu’ils demandent.

Au moyen de ses Demandes et offres, VOdontologie lite le placement des opérateurs et des mécaniciens, et les achats et ventes de cabinets.

Le Supplément est réservé aux procès-verbaux des Conseils de direction de l’Association générale des dentistes de France, de l’École Dentaire de Paris et des assemblées générales de ces deux groupements, aux circulaires de congrès, etc.

De nombreuses illustrations, soit dans le texte, soit hors texte, aident, lorsqu’il y a lieu, à l’intelligence des articles

Tel qu’il est conçu et dirigé, VOdontologie est un puissant élément de vulgarisation scientifique et de propagande professionnelle. Son influence est grande dans la corporation, il compte des lecteurs dans toutes les parties du monde et ses principaux articles sont traduits dans toutes les langues ; il a contribué efficacement au progrès de

l’art dentaire en France, ainsi qu’au développement de \’Ecole dentaire de Paris, et à la réalisation de l’œuvre des Congrès nationaux et internationaux.

BIBLIOTHÈQUE ODONTOLOGIQUE

La Société de l’École Dentaire a amené la création d’une bibliothèque odontologique, qui complète son œuvre d’enseignement professionnel des élèves et son œuvre d’enseignement mutuel des chirurgiens-dentistes, par le prêt des livres.

Nous extrayons du rapport de M. Bonnard les lignes suivantes qui montrent l’action et le fonctionnement delà bibliothèque depuis la fondation de la Société :

Une des premières préoccupations des fondateurs du Cercle des Dentistes fut, avec l’organisation des conférences professionnelles, la création d’une Bibliothèque (i). Leur but était d’arriver à créer eux-mêmes un enseignement de l’art dentaire, c’est au livre qu’ils réclamèrent d’abord le premier aide.

Notre regretté confrère. Ad. Dugit, qui en fut le premier bibliothécaire, aurait pu, seul, dire quelle peine il eut pour constituer son domaine, car, à sa nomination, il n’avait point de livres et, par conséquent, point de bibliothèque. Ses ïappels déguisés, qu’on retrouve dans chaque numéro du Bulletin, en sont la preuve.

Ce furent les quelques membres qui composaient le Cercle à cette époque qui, les premiers, répondirent à ses demandes réitérées. Quelques-uns donnèrent leurs propres livres et, comme conséquence, durent emprunter le lendemain les ouvrages dont ils venaient de se dessaisir. Quelques autres lui firent des dons importants. Enfin le succès de la Bibliothèque du Cercle s’accrut de jour en jour.

Mais si l’on veut bien tenir compte que la littérature professionnelle se résumait à quelques ouvrages anglais ou américains, qu’il n’existait pas de centres d’enseignement, et qu’alors le livre était le seul moyen qu’eût le dentiste pour parfaire son instruction, on est forcé de reconnaître qu’ils eurent un réel mérite, ceux qui, au profit de la collectivité, se dépossédèrent d’un ouvrage souvent cher.

l..orsqu’un pareil désintéressement est mis au service d’une œuvre, son succès est assuré.

Moins de deux ans après la fondation du Cercle, la Bibliothèque possé-

(1) Catalogue de la bibliothèque de ia Société de l’Ecole et du Dispensaire dentaires de Paris (Historique), par E. Bonnard et J. de Croes. Paris, t900.

dait i 5 o volumes (i). Mais à ce moment (février i88i), la marche ascendante de la Bibliothèque du Cercle des Dentistes subit un ralentissement. Les dons devinrent moins nombreux et cela, bien certainement, sans qu’on pût en attribuer la cause, de quelque façon que ce fût, soit aux membres à\x Cercle ou au bibliothécaire. Le 20 octobre 1880, le Cercle, arrivant enfin au but qui avait été la raison d’être de sa formation, fondait l’Ecole Dentaire de Paris, et c’est à la Bibliothèque de l’Ecole que, depuis cette date, une §-rande partie des dons étaient adressés.

Bien qu’il y eût pour chacun des deux groupes des conseils d’administration différents, ils étaient l’un et l’autre composés en grande partie des mêmes membres. Ainsi s’explique que, n’ayant pu donner des deux côtés à la fois, ils aient tenu à assurer le succès de la jeune Bibliothèque de l’Ecole au détriment de l’ancienne, celle du Cercle. Lorsque celle de l’Ecole fut définitivement constituée avec un nombre respectable de volumes, la Bibliothèque du Cercle reprit sa marche ascendante. En 1882, elle comptait 417 volumes.

Non moins importante devait être celle de l’Ecole Dentaire de Paris, si on en juge par les nombreux dons qui figurent tant au Bulletin du Cercle qu’à VOdontologie, mais aucun inventaire n’a été publié et les documents sont muets sur le nombre de volumes qu’elle contenait, au moment où les deux Bibliothèques fusionnèrent, lors de la formation de l’Association générale des dentistes de France.

Le i 3 décembre i 883 , deux membres proposèrent la fusion de tous les groupes issus A\x-Cercle des Dentistes. Il devenait nécessaire, dans l’intérêt de la profession, de donner à ces sociétés une direction uniforme et, le 5 avril 1884 , toutes ayant accepté, VAssociation générale des Dentistes de Franceéiait définitivement constituée. Il n’y eut alors qu’une seule Bibliothèque : celle de l’Ecole.

Ce n’est qu’en i 885 qu’on trouve la première organisation rationnelle de la Bibliothèque. C’est auDf L. Thomas, bibliothécaire à la Faculté de Médecine, qu’on la doit. Il publia le premier catalogue et, à quelques exceptions près, d’ailleurs sans importance capitale, c’est le classement qu’il jugea convenable d’adopter qui a été respecté pour la publication de celui-ci. Il donna une impulsion si vive à ce service, que la Bibliothèque devint en peu de temps des plus florissantes (2).

Dix bibliothécaires ont été chargés, depuis 1879 jusqu’à la présente année, du soin de la collection qui actuellement ne compte par moins de 2441 volumes d’art dentaire proprement dit, de médecine, de sciences physiques etnaturelles, de périodiques et d’ouvrages divers, en différentes langues. Le nombre desfprêts depuis le milieu de 1892 jusqu’au 3 i décembre 1899 s’est élevé à 1996.

(1) Godon, Bulletin du Cercle des Dentistes, 10 février 1881.

(2) Le décret du 1892 par lequel la Société de l’Ecote et du Dispensaire dentaires de Paris, février, fut reconnue d’utilité publique, obligea l’Ecole à se constituer en société distincte de l’Association générale des dentistes de France, mais sans apporter aucune modification à la Bibliothèque, qui resta à la Société de l'Ecole.

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