‹ L'évolution de l'éducation dans les diverses races humainesChapitre 100 sur 141 · V. — Comment a évolué Védncation juive · texte numérisé non relu

V. — Comment a évolué Védncation juive

Nous venons de voir que l'éducation juive a évolué, d'une manière générale, comme Téducation arabe. D'abord le peuple de Dieu n'éprouve aucunement le besoin d'avoir un système d'éducation scolaire, quoiqu'il soit déjà en possession de son Livre sacré. L'éducation donnée par la famille ou parle clan et résultant simplement des mœurs et des nécessités de l'existence sociale, suffit très bien aux Hébreux, en cela imitateurs des Cananéens, Philistins, etc., qu'ils avaient tués ou subjugués. La science juive était nulle encore et la Bible s'en remettait aux parents pour donner à leurs enfants renseignement religieux. Les malheurs subis par le petit peuple juif lui ont, seuls, fait sentir l'utilité d'une instruction scolaire. Il semble qu'il faille faire honneur de ce progrès surtout à la captivité de Babylone. En Chaldée, les Hébreux, transplantés à la mode antique, au milieu d'une nation beaucoup plus avancée dans l'industrie et dans la science, ont reçu une véritable leçon de choses. Ils y ont vu Tinstruclion spécialement intellectuelle, sortie de la famille et dispensée surtout par des prêtres. De retour dans leur petite pairie, ils ont tiré profit de cet exemple pour reconstituer à Israël un commun patrimoine moral. A leurs yeux, l'é-

{{) Fr. I.eiiormant. Etudes accadiennes. t. III t67.

eu. XIII. l'éducation chez les jriFS ET LES CUALDÉENS 379

cole est devenue lo sauvegarde de Tunilé nationale, de la vruie, de celle qui résulte de la conformité des idées et des convictions chez tous les membres du corps social et qui, pour cela, subsiste alors môme que la nation est dispersée. Mais les Juifs n'avaient pas rapporté de Babylone la science chaldéenne; leur patrimoine intellectuel était purement moral et religieux. Mous avons vu, comment, à force de patients elTorts, ils avaient réussi à l'inculquer dans l'esprit de leur peuple assez profondément pour que ni la dispersion, ni même la persécution, Tune et Tautre continuées pendant tant de siècles, n'aient pu réussir à détruire l'unité mentale d'Israël.

Or, pour assurer la longue durée d'un peuple, ce qui importe plus que tout, c'est la communauté de quelques idées grandes ou tenues pour telles, d'idées si longtemps et si sérieusement enseignées par la théorie et la pratique au groupe social, qu'elles sont devenues presque indélébiles. Une fois élevé ainsi, un peuple peut braver toutes les catastrophes; les désastres, la conquête, le démembrement, la dispersion n'atteignent en quelque sorte que sa forme extérieure : pour détruire sa personnalité nationale, il faudrait exterminer le peuple lui-môme. Aussi voyons-nous que, malgré leur force militaire, leur richesse, leur civilisation relativement développée, leur science même, les puissants royaume de la Chaldée et de rxVssyrie, ont totalement disparu, après avoir été, pour leur époque, des foyers intellectuels, tandis que rien n'a pu détruire le pauvre petit peuple juif, si chétif et si ignorant. C'est que ce dernier possédait l'unité morale, qui faisait défaut à ceux-là, le lien impérissable, que la force seule est impuissante à trancher.

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