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I. — Le développement intellectuel des Aztèques

Entre les Peaux-Rouges, dont je viens de parler, et les Aztèques, Naluias ou Mayas, dont nous allons nous occuper, il y a la considérable différence, qui sépare la sauvagerie du genre de civilisation rudimentaire, communément appelé barbarie; mais il ne faut pas croire que le trait d'union fasse défaut. Les Aztèques, derniers occu-

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panis du plateau de TAnaliuac, où les avaient précédés des civilisations antérieures, paraissent bien avoir été forteaicnt apparentés aux Peaux-Rouges, que nous connaissons; mais les différenls groupes ethniques de ceux-ci sont d'autant moins sauvages, qu'ils sont plus rapprochés des centres relativement civilisés de l'ancienne Amérique centrale. Au point de vue de l'habileté industrielle, par exemple, les Navajos, les Zunis, les Pueblos sont beaucoup plus avancés que les Peaux-Rouges du nord ; même rarchiteclure spéciale aux Pueblos, c'esl-à-dirc ces sortes de grands phalanstères, souvent construits dans des endroits de très difticile accès et que les Espagnols appelèrent casas grandes^ indique non seulement une intelligence relativement supérieure, mais aussi une organisation sociale plus savante que celle des Peaux-Rouges septentrionaux. Nous savons que, chez les Indiens Pueblos, chaque village fait et vote ses lois, élit son gouverneur, délibère sur les questions importantes, réglemente son commerce et ses mariages. Pourtant ces clans des Pueblos ne paraissent pas avoir encore d'instruction organisée; mais déjà ils s'intéressent sérieusement à la conduite de leurs jeunes gens et exercent sur leur moralité, telle qu'ils la comprennent, une vigilante surveillance (1).

Dans tout le Nouveau-Mexique, les Indiens avaient conservé bien des coutumes sauvages. Ainsi des Indiens de race chichimèque adoptaient volontiers les enfanis enlevés aux tribus voisines et ennemies, ce qui est ordinaire en pays peau-rouge; mais auparavant et pour faire taire chez les adoptés ce qu'on a appelé parmi nous « la voix du sang », ils leur faisaient boire une mixture composée de fragments détachés du cerveau de leurs parents et délayés dans leur sang (2). La couvade, dont on a

(i) Baiicroff. Native Races, I, 546.

(2) Wake. Evolution of morality, 241.

signalé bon nombre d*exeniples dans l'Amérique du Sud^ se retrouvait aussi chez les Laguneros et les Ahomauas du Nicaragua et du Nouveau-Mexique; là, au moment de Taccouchement de sa femme, le mari se couchait pendant six ou sept jours et s'abstenait de manger du poisson ou de la viande (1). Chez d'autres tribuâ du Nicaragua, la femme, aussitôt après l'accouchement, allait se plonger avec son oouveau-né dans le ruisseau le plus voisin ; pratique tout à fait sauvage ainsi que la longueur de Tallaitement, qui était de trois ans (2).

Dans les tribus plus civilisées, Tattribution d'un nom à l'enfant élait déjà, comme an Mexique, une très importante affaire. Chez les Pipiles, la cérémonie se célébi*ait au temple, où le prêtre ofiiciant donnait ordinairement à Tenfant, suivant le sexe, soit le nom de son grand' père^ soit celui de sa grand'mère ; en même temps on faisait à l'idole des offrandes de cacao, etc. (3). Au Guatemala^ pour nommer l'enfant, on consultait le calendrier indigène, et, exactement comme cela se passe souvent ea pays catholique, on donnait au nouveau-né le nom du 4ieu, auquel ce jour était consacré. A partir de ce moment, d'après Las Cases, les parents perdaient leurs noms propres et, comme il arrive en Cafrerie, s^appelaient seulement (( mère ou père de X. ». Cette coutume n'était pourtant pas générale; ainsi, chez les Ilyas, on formait le nom de l'enfant en combinant ceux du père et de la mère, mais en ayant soin de commencer par le nom maternel. Les Mayas de TYucatan procédaient de même, en adjoignant aux noms des parents le préfixe na (4). Mais ces quelques faits de détail recueillis çà et là sans ordre ni méthode nous renseignent fort insuffisamment sur l'édu--

(1) Bancroft. Loc, cit., 585.

(2) ïbUl, 703.

{V, Ibid, Loc. cit., II, 680.

(4j Ibid, 680.

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cation, telle que la peuvent ou l'ont pu comprendre et pratiquer les tribus des Indiens sauvages et limitrophes du Mexique. Nous voyons seulement que, par quelques coutumes, ces peuplades se rapprochaient fort des Peaux- Rouges; que, par certaines autres, ils accusaient ou accusent encore une certaine civilisation, dont il faut probablement faire honneur à l'ancien Mexique.

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