U SEBVITLDE DANS LES PETITES MONARCHIES AFRICAINES
et à l'élève du bétail, peut encore se passer de l'esclavage. Pendant que leurs maris chassaient, guerroyaient, gardaient le bétail ou flânaient, les femmes cafres sufflsaient au travail des champs. Pourtant les Cafres avaient une classe de misérables au service des riches, mais n'appartenant en particulier à personne. Seulement, dans cet état social, les hommes achètent autant de femmes qu'ils peuvent et ils lâchent de rentrer dans leurs déboursés en exigeant de leur petit troupeau féminin autant de travail que possible.
En Afrique, il semble bien que le véritable esclavage, au sens que nous donnons à ce mot, ait été enseigné aux races les pins inférieures par les races plus ou moins supérieures. Ainsi les Cafres de la région du Zambèze ont vendu leurs prisonniers de guerre, dès qu'ils ont trouvé dos traitants pour les leur acheter. — Mais ce qui a donné à resclavage une énorme extension dans l'Afrique moyenne à demi-civilisée, c'est le développement industriel. Le travail rémunérateur de Tatelier exigeait et employait fructueusement les bras, non seulement des hommes, libres, devenus artisans, mais même ceux des femmes ; force était donc de laisser à des esclaves le soin des troupeaux, les travaux agricoles, même certaines occupations domestiques.
Chez les nègres inférieurs, sauvages encore, le nombre des esclaves est relativement restreint ; il devient excessif dans les villes industrielles du Soudan, où Ton compte trois ou quatre esclaves pour un homme libre. En même temps, le sort des esclaves domestiques, de ceux avec lesquels on vit familièrement, s'adoucit; ils finissent par faire partie de la maison, par devenir des sortes de parents inférieurs, des parents d'adoption, EnGn ils montent parfois d'un, même de deux degrés, et acquièrent une indépendance relative : ce sont alors des colons et enfln des fonctionnaires ondes soldats au service du prince.
L tVOLlTlO.N DE I. KSr.LWAGE
Mais, comme il faut à loul prix que cette population servile se recrute, on l'entretient par de sanguinaires razzias aux dépens des peuplades attardées en civilisation et les captifs destinés à la traite sont le plus souvent accablés de mauvais traitements aussi longtemps du moins qu'il n'ont pas été achetés par des négociants spéciaux ayant quelque prévoyance et le souci de conserver en bon état leur marchandise humaine. — Quant à l^effet moral de toutes ces violences sur ceux qui les exercent et sur ceu;c qui les subissent, il est nécessairement déplorable, comme nous Ta montré toute cette série évolutive, que nous venons de voir se dérouler sous nos yeux avec une grande simpli:ité dans l'Afrique noire ou plutôt dans toutes les races nègres.