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L'évolution de la foi Catholique

Il semble, de prime abord, que l'on ne puisse avoir, à l'égard de l'Eglise, d'autre attitude que celle de la révolte ou celle de la soumission.

La révolte est nécessairement passionnée et facilement injurieuse, donc injuste, car elle ne nous laisse voir que le côté défavorable des choses et néglige tout ce qu'il y a de vrai et de bon dans l'œuvre ou l'opinion de l'adversaire. L'hostilité nous rend sectaires et fanatiques à rebours, d'autant plus sectaires que nous sommes plus ignorants et jugeons davantage de l'institution uniquement par ses abus.

D'autre part, nous venons d'être témoins, en la personne de l'abbé Loisy, d'un exemple éclatant de soumission. Un homme de haut savoir, de conscience et de courage, a pourtant reculé devant la menace d'excommunication, se réduisant au silence, non par des motifs mesquins, mais parce qu'il croit à la valeur providentielle de l'institution Hébert. i

ecclésiastique. Il n'estime point que l'Humanité puisse s'en passer, ni la remplacer comme système d'éducation morale, et il espère en sa future évolution.

Mais une pareille attitude, si respectable soit-elle, expose ceux qui s'y résignent à se heurter à d'insurmontables difficultés.

i" Elle n'est acceptée que comme une transaction provisoire, une solution disciplinaire opportuniste, par l'autorité ecclésiastique, dont la pensée, au sujet des doctrines ellesmêmes soutenues par M. Loisy, s'est clairement manifestée par des condamnations réitérées.

2** L'Église ne peut admettre, en effet, que son autorité soit présentée simplement comme providentielle, et non comme surnaturelle^ et miraculeuse. Il n'est pas d'éi>olution qui tienne : le retour de la notion de miraculeux à celle de simple providentiel est une diminution, une régression — pour l'Eglise, une abdication.

3** Le bouddhisme, le confucianisme, tout comme le christianisme, peuvent se prétendre (la diversité des milieux et des races expliquant les différences incontestables malgré tant d'éléments identiques) institutions providentielles, formes nécessaires et irremplaçables de discipline morale. L'affirmation de la transcendance du christianisme, du catholicisme, devient dès lors aff'aire d'appréciation individuelle et locale, de foi personnelle — et cela encore l'Eglise ne l'accepte point.

C'est ce que nous avons cherché h prouver dans les pages qui suivent, où la foi chrétienne et catholique apparaît comme l'un des moments les plus intéressants et

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