‹ L'évolution de la matièreChapitre 65 sur 132 · COMPAKAISON DES PROPRIÉTÉS DES FLUIDES · texte numérisé non relu

COMPAKAISON DES PROPRIÉTÉS DES FLUIDES

d'équilibre, est une chose dont on peut supposer l'existence, mais qu'aucun réactif ne révèle. Il est cependant naturel de croire qu'il possède une existence aussi réelle que celle de l'eau renfermée dans des réservoirs entre lesquels ne se trouve aucune dénivellation susceptible de produire un effet mécanique, révélateur de la présence du liquide*. Ce que nous appelons électricité, provient uniquement des phénomènes déterminés par le déplacement des éléments du fluide électrique.

Nous venons de montrer que l'électricité en mouvement se conduit comme un fluide matériel; mais pourquoi ces deux substances, évidemment si différentes, obéissent-elles aux mêmes lois? L'analogie des effets indiquerait-elle l'analogie des causes?

On sait qu'il n'en est rien. La pesanteur reste sans action appréciable sur l'électricité, alors qu'elle constitue l'unique raison des lois de l'écoulement des liquides. Si un liquide passe d'un niveau supérieur à un niveau inférieur, c'est qu'il obéit à la gravitation, ce qui n'est pas du tout le cas de l'électricité. Le potentiel d'une chute d'eau, c'est-à-dire la dilTérencs de hauteur entre son point de départ et son point d'arrivée, est dû tout entier à la pesanteur et si de l'eau emmagasinée à une certaine hauteur représente de l'énergie, c'est qu'elle est attirée vers le centre de la terre, attraction à laquelle les parois qui l'emprisonnent l'empêchent seules d'obéir. Quand on laisse le liquide s'écouler en perçant le réservoir, sa chute

1. Pour le professeur de Heen « les trois électricilés n'existent pas plus que le froid, le chaud et l'absence de chaleur sensible, laquelle correspondrait en réalité à l'éleeiricité neutre». Suivant lui « on ne doit pas plus tenir compte des deux fluides ou des deux espèces d'électrons qu'on ne lient coHiple dans 1« chapitre de la chaleur du froid et du chaud. 11 existerait simplement unpoientiel dp même qu'il existe une température. Le verre frotté possède un potentiel différent de celui du milieu ambiant et non pas un fluide ni des électrons positifs en excès. Un conducteur possédant par exemple un potentiel positif pourra se comporter à l'intérieur d'une sphère conductrice soit comme s'il était chargé positivement, soit comme s'il était chargé négativement, suivant la grandeur du potentiel de la sphère extérieure. De même qu'un corps à 100° peut être considéré comme froid ou chaud, suivant que la sphère qui l'enveloppe est à 2U0* ouàO°. »

produit, Dar suite de l'attraction terrestre, un travail correspondant à celui employé pour l'élever. Arrivé à la surface du sol il ne pourra plus en produire.

Si la gravitation déterminant l'écoulement des liquides demeure entièrement étrangère aux phénomènes constatés dans la circulation du fluide électrique, quelle est leur cause ?

Nous savons que cette cause agit exactement comme la gravitation, mais que, forcément, elle en diffère. Bien que sa nature intime soit inconnue, il est possible de la pressentir, puisque l'observation enseigne que le fluide électrique, en vertu de la répulsion réciproque de ses molécules, présente une tendance à l'expansion, nommée tension. Or, tous les modes d'énergie, se présentant sous forme de quantité et de tension, obéissent aux mêmes lois générales.

Cette tendance à l'expansion s'observe aussi dans les gaz, mais elle diffère de celle du fluide électrique. Ce dernier peut en effet être retenu sur la surface d'un corps isolé alors que les gaz se diffusent immédiatement s'ils ne sont pas maintenus par les parois d'une enceinte hermétiquement fermée.

Nous voyons donc se poursuivre les analogies — tantôt rapprochées, tantôt lointaines — entre les choses matérielles et celles qui ne le sont plus. C'est précisément à la nature intermédiaire de ces dernières entre Téther et la matière, que sont dues les différences et les ressemblances constatées.

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