Voyage aux îles, etc., t. II, p
4. Cook, Troisième voyage {Hist. univ. des voyages,, t. IX, p. 340, 381, 389)^
terre promise de l'esclavage ; on constate donc là une étroite
«onnexité entre la servitude proprement dite et la servilité
morale.
Je laisserai maintenant parler les faits. Les procédés d'adoration servile sont peu variés. Ils consistent, d'une manière générale, à se prosterner, après s'être plus ou moins dépouillé de ses vêtements, et à se couvrir ensuite de poussière. Les Azanaghuis des environs de l'ile d'Arguin sollicitaient des grâces, en restant nus, dans la cour de l'habitation royale, le front touchant le sol, la tête et les épaules couvertes de sable 4.
Les courtisans d'un roi de Bénin se tenaient, en sa présence, assis par terre, la tète dans les mains, sans oser lever les yeux *.
Au palais d'Issiny, il fallait se déshabiller d'abord, se coucher à plat ventre ensuite, ramper, se remplir la bouche de sable ; enfin on pouvait se relever, cracher son sable et faire sa harangue 3.
A Loango, dit Battel, les grands se roulent dans le sable aux pieds du monarque. Regarder le roi est un crime capital ; des enfants, entre autres un fils du roi lui-même, furent mis à mort pour avoir par mégarde pris cette licence. Une telle audace était considérée comme ayant quelque chose de sacrilège, à ce point qu'un chien fut assommé pour avoir imprudemment caressé le roi pendant qu'il buvait.
Clapperton rapporte que le roi de Katunga lui ayant accordé une audience, il y rencontra une vingtaine de chefs supérieurs faisant leur cour. Le corps nu jusqu'à la ceinture, couchés à plat ventre, ils rivalisaient à qui aurait le plus de pousssière sur le corps, à qui baiserait la terre avec le plus de