‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 155 sur 375 · Mungo-Park, Travels inlnlwior of Africa, p · texte numérisé non relu

Mungo-Park, Travels inlnlwior of Africa, p

comme esclave ou mis à rançon par le mari offensé *.

Au voleur récidiviste, les Mandingues coupent une main ou bien ils l'enterrent jusqu'au cou et le laissent ainsi exposé à la chaleur du soleil après avoir eu soin de lui enduire de miel la figure*, pour attirer les mouches. Leur conception morale du vol est du reste fort grossière, car, à leurs yeux, le vol n'est criminel que s'il lèse un membre de leur tribu ou petit État; contre l'étranger, il n'est nullement blâmable3. Chez eux, comme chez beaucoup de peuples sauvages, l'étranger, étant hors de la vie sociale, est hors du droit.

Ces petites sociétés mandingues sont intéressantes, en ce qu'elles tendent déjà à passer de la sauvagerie à la barbarie. Mentalement et socialement leur justice s'organise. Le soin de la rendre est déjà confié à un fonctionnaire spécial, héréditaire, qui prononce ses arrêts après des palabres, des débats publics où les témoins sont interrogés.

A Kaaria, chez les Bambaras, nous trouvons une monarchie à organisation déjà complexe. Les membres de la famille royale (Massassis), d'une part, les forgerons de l'autre, y forment des castes privilégiées, soustraites par leur distinction même à la peine de mort. Gomme dans toutes les monarchies quelque peu importantes, c'est au roi mandingue qu'appartient en principe le droit de haute justice. Dans ces monarchies africaines, qui ont évidemment succédé aux tribus primitives, l'administration de la justice, en devenant privilège royal, s'accompagne d'ordinaire d'une aggravation dans la pénalité. A Kaarta, par exemple, le vol, le meurtre, l'adultère sont punis de mort, et, en cas d'adultère, les deux coupables sont frappés. Pour les castes privilégiées des forgerons et des massassis, la peine capitale est

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