‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 159 sur 375 · Marsdcn, History of Sumatra, p · texte numérisé non relu

Marsdcn, History of Sumatra, p

morale juridique primitive. Chez les Koukis, le talion est tellement obligatoire que si un homme est tué par un tigre, sa famille reste en disgrâce jusqu'à ce qu'elle se soit réhabilitée en tuant et mangeant le tigre coupable ou un autre1. Les mêmes Koukis s'en remettent au mari du soin de punir l'adultère. Les maris Mishmis préoccupés surtout de l'utile, ferment les yeux sur les liaisons de leurs épouses, pourvu qu'elles continuent à les servir : ils ne tirent vengeance que du rapt.

Chez les Kands, les cas d'homicides, de blessures, sont considérés comme des affaires privées qui se règlent par des compensations en valeurs. Parfois tous les biens d'un meurtrier passent ainsi à la famille du mort.

Chez les Koukis, où le chef, le rajah, est déjà considéré comme un être d'une essence spéciale, il personnifie la justice. En cas d'homicide, non seulement le meurtrier, mais toute la famille du meurtrier deviennent ses esclaves. D'autre part toutes les femmes du village, mariées ou célibataires, sont à sa discrétion *.

Il faut noter, en passant, chez ces aborigènes de l'Inde, quelques traits singuliers d'une moralité fort relevée, qui honorerait des civilisations beaucoup plus avancées.

Chez les Koukis, un seul crime est puni de mort et ce crime est la trahison 3.

Un vrai Gond peut commettre un meurtre ; il ne dit jamais un mensonge4.

Les Oraons considèrent le faux témoignage comme un très grand crime5.

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