‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 171 sur 375 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

L'adultère du mari ne tirait naturellement pas à conséquence, pourvu que l'époux volage ne s'adressât point à une femme mariée. Au contraire, si connaissant les désordres de sa femme, il les tolérait, il encourait une sévère punition, parfois la mort *.

Comme tous les Américains indigènes, les Mexicains étaient enclins aux amours contre nature. Contre ces écarts, on avait édicté la peine capitale dont tous les codes primitifs sont si prodigues ; mais la loi n'était vraisemblablement pas appliquée, car, si l'on en croit Bernai Diaz, les Mexicains s'abandonnaient à ce vice communément et ouvertement : « Erant quasi omnes sodomia commaculati et adolescentes multi, muliebriter vestiti, ibant publiée, cibum quœrentes ab isto diabolico et abominabili labore *. »

La polygamie était permise, mais néanmoins la situation de la femme semble avoir été assez douce. Les parents prêchaient la chasteté à leurs filles, mais cependant, au dire de Clavigero, il n'y avait pas de pénalité contre le libre amour avant le mariage 3.

Comme il arrive dans toutes les grandes monarchies primitives, les enfants étaient extrêmement soumis aux parents. En leur présence, un jeune Aztèque osait à peine prendre la parole. Si Ton en croit les chroniqueurs, les exhortations de parents aux enfants étaient très morales. Aux garçons l'on disait : « Ne mens point; ne sois pas dissolu. » Aux filles : « Sois chaste ; reste chez toi, etc. ».

La propriété individuelle était protégée par des lois sévères : pour un vol important, la servitude au profit du volé, parfois la lapidation ; la potence au tuteur qui gaspil-

i. Biart, lue. cit., p. 168.

2. B. Diaz, llist, véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne (Première édition Jourdanct).

Page 1