‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 173 sur 375 · Prescott, Conquête du Mexique, t. Ier, p · texte numérisé non relu

Prescott, Conquête du Mexique, t. Ier, p

la guerre et auparavant des ambassadeurs allaient sommer l'ennemi d'adorer les dieux Mexicains et de payer tribut à l'empire !. En cas de refus, les hostilités commençaient et, dès lors, les guerriers mexicains étaient soumis à un code martial ressemblant beaucoup aux nôtres. La peine de mort y était largement prodiguée : mort pour avoir désobéi aux chefs ; mort à quiconque attaquait avant le signal donné ; à quiconque s'emparait du butin d'un compagnon8, etc.

Les captifs faits pendant la campagne étaient conservés, souvent dans des cages en forts madriers, jusqu'au jour férié marqué pour leur sacrifice. La cérémonie était solennelle et publique. Le captif désigné était saisi par six prêtres ; un pour chaque membre, un pour le cou, puis on retendait sur la pierre convexe des sacrifices ; le sixième prêtre, le topilzin ouvrait le thorax de la victime avec un large couteau d'obsidienne ; il en extrayait le cœur et l'offrait tout palpitant au Dieu 3. Le cadavre était ensuite restitué au propriétaire de l'esclave, qui le mangeait ien conviant ses amis à ce festin.

Dans d'autres fêtes on distribuait au peuple des morceaux d'une idole faite d'une pâte de maïs pétrie avec du sang d'enfant. C'est là un bel exemple de cette anthropophagie avec transsubstantiation, dont j'ai précédemment parlé ; car dans ce cas le peuple mexicain croyait manger les os et la chair même du dieu Huitzilopotchli. Les missionnaires espagnols furent très frappés de cette similitude eucharistique et naturellement ils l'attribuèrent à la malice du démon : « Satan, dit le religieux d'Acosta, s'efforce d'usurper l'honneur et le service qui est dû à Dieu seul, quoiqu'il y mêle toujours ses cruautés et ses ordures 4. »

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