Pauthicr, Chine moderne, p
302 l'évolution de la moralk
nombre. » Mais, laissant de côté l'organisme de la société chinoise, dont, quant à présent je n'ai pas à m'occuper, j'examinerai cette vénérable nation au point de vue de sa morale philosophique et pratique.
Dans leurs spéculations sur l'éthique, ce qui manque lo plus aux moralistes chinois, c'est la hardiesse : toujours leur sagesse est terre à terre ; toujours elle se formule en lieux communs philosophiques : « L'invariabilité dans le milieu. dit Confucius, est ce qui constitue la vertu 4. » Il faut pardessus tout être soumis à son père : « Pendant le vivant do votre père, observez avec soin sa volonté ; après sa mort. ayez toujours les yeux fixés sur ses actions 2. » Une gramio humilité est fortement recommandée aux gens honnêtes : « Que l'honnête homme humble se serve de l'humilité pour traverser le grand fleuve. Sort fortuné ! L'image dit : L'honnête homme humble, humble, se baisse pour paître 3. »
Le Choxi-King conseille au souverain d'éviter l'amour excessif des femmes, du vin, des grandes chasses, de lu musique déshonnête, des palais élevés et des murailles ornées de peinture 4. Jamais Confucius ne perd pied ; toujours il voit le côté pratique des choses. Quelqu'un demanda : «Que doit-on penser de celui qui rend bien fait pour injures?» Le philosophe dit : « Si l'on agit ainsi, avec quoi payera-t-on les bienfaits eux mêmes 5 ?» Ni élans généreux, ni sauvagerie, « L'invariabilité dans le milieu ». Pas de cruautés inutiles: on dit aux généraux : « Traitez-bien vos prisonniers ; nourrissez-les comme vos propres soldats, etc.. Épargnez le sang humain. » L'idéal do la stratégie est d'ar-