Ibid., t. II, p
populaire, que produisit, sous Néron, l'application de cette loi sauvage à quatre cents esclaves, dont le maître, Pedanius Secundus, préfet de Rome, avait été tué1. La conscience publique s'humanisait déjà. Néanmoins une loi de Gratien condamne encore à être brûlé vif, tout esclave accusant son maître d'un délit quelconque, excepté dejhaute trahison.
C'est que l'esclave romain était considéré comme une chose. La loi Aquilienne confond la blessure faite à une bête avec celle faite à un esclave *. La loi des Douze Tables, ce décalogue de la primitive férocité romaine, donne au débiteur trente jours pour payer, puis l'adjuge au créancier (jure oddicitur), qui d'abord le garde enchaîné dans sa maison, et enfin va le vendre au delà du Tibre; car aucun citoyen romain nepeut êtrevendusur le territoire de Rome3. Comme dans beaucoup de sociétés sauvages, la classe servile ne s'alimentait pas à Rome seulement par la guerre et le croit naturel, mais il y avait l'esclave de tait(inservitutenon servies) vendu par son père, l'esclave pénal (servus pœnac, sine dominio), l'homme libre, qui, après l'âge de vingt-cinq ans, s'était laissé vendre en fraude (Instituées, i, liv. III)
Le pouvoir du maître sur les hommes libres vendus, in mancipio, comme les animaux domestiques avec le cérémonial de la balance (libripens) ne s'étend pourtant pas jusqu'aux traitements outrageants 4 : pour le reste, ils sont esclaves.
Chez toutes les nations, disent encore les Instituées, les maîtres ont droit de vie et de mort sur leurs esclaves 5. Les.
i. Annales, t. XIV, p. 42-45.