P. Larroque, l'Esclavage chez les nations chrétiennes
3. D. Wwp'xw, Études sur les réformes et les systèmes pénitentiaires etc. p. 30.
ou sont restés sauvages. Dans les pénitenciers d'Amérique organisés d'après le système Auburn, la peine du fouet était largement appliquée sur les épaules ou le dos mis à nu *. En France, dans les prisons de Lyon, on a vu des femmes détenues, coupables du crime d'insubordination, être plongées dans ce qu'on appelait des cellules ténébreuses avec aggravation d'un carcan, auquel était rivée une chaîne pesant quatrevingts livres *. Il y a très peu d'années, nous avons été épouvantés des révélations, qui nous sont venues touchant notre régime pénitentiaire à la Nouvelle-Calédonie, et il serait bien facile de citer nombre de faits analogues, qui ont été ou sont observables en pays dits civilsés ; mais la place et le temps me manquent.
Le jugement de Dieu n'est plus invoqué par nos tribunaux, mais nos duellistes, fussent-ils athées, y ont encore recours pour raccommoder ou sauvegarder leur honneur.
Dans le monde ancien, l'abandon, l'exposition, le meurtre des nouveau-nés ont été longtemps peu ou point blâmés et tardivement réprimés. Au milieu du xvue siècle, à Paris, on vendait encore les enfants trouvés, à raison de vingt sous la pièce, ou bien, dans un esprit de charité, on les donnait gratuitement aux nourrices malades 3.
Aujourd'hui notre morale théorique condamnerait absolument de tels actes et notre législation les réprimerait, mais il s'en faut que le dieu Moloch ne prélève plus sa dîme de nouveau-nés.
Tout d'abord les particuliers abandonnent aux soins de l'État un enfant sur 39 4 et, tout récemment encore, la morta-