Id., J6id., p
3. Rapport sur la mortalité des nouveau-nés au Congrès international d'hygiène de Paris (1878).
les enfants de sexe féminin sont sacrifiés en bien plus grand nombre.
Ainsi, pour les enfants illégitimes, la mortalité des filles est, durant la première année de la vie, plus forte que celle des enfants de sexe féminin nés en légitime mariage *.
Ajoutons enfin que l'aggravation de la mortalité infantile, pendant la première année de la vie, est, pour les illégitimes, considérablement plus forte à la campagne, où les vieux instincts, les vieilles moeurs, les vieux préjugés ont conservé une vitalité plus grande.
Précédemment, en parlant de la Polynésie sauvage, j'ai dit qu'il y avait à Taïti des tueurs d'enfants par métier, allant dans les villages offrir leurs services aux femmes récemment accouchées. Quelque chose d'analogue existe aussi chez nous. Rappelons-nous le célèbre procès des faiseuses d'anges et écoutons un médecin, le Dr Brochard, disant à propos d'une statistique sur la mortalité des enfants à Nogent-le-Rotrou : « Dans certaines communes pauvres, toujours éloignées du chef-lieu judiciaire de l'arrondissement, on voit des femmes et des filles, qui ont, dans toute la contrée, la réputation Bien méritée d'être de mauvaises nourrices. Chez elles, les nourrissons ne font que paraître et disparaître. Eh bien! ces femmes ont toujours des nourrissons ; ces nourrissons sont presque toujours des enfants de filles et ces nourrices sont toujours parfaitement et régulièrement payées *. »
Il semble d'ailleurs que ce genre d'industrie soit fort pratiqué, dans cette région; puisque, dans le département d'Eure-et-Loir, la mortalité d'un jour à un an s'élevait, il
i. A. Bertillon, loc. cit., p. 31-34.