‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 293 sur 375 · Yves Guyot, Prostitution, p · texte numérisé non relu

Yves Guyot, Prostitution, p

3. A. Bertillon, Dict. Encyclop. des sc.méd., art. Mariage. — M. Block, Europe pol. et «oc, p. 38.

les gens aisés. Il en était ainsi, par exemple, dans la Hesse électorale, la Bavière, le Wurtemberg \ en Norwège, à Francfort, à Lubeck, en Suisse 2.

Il en résultait naturellement quantité d'unions libres, 90,7 p. 100 en Bavière3. Dans le langage de nos voisins d'outre-Rhin, cela s'appelle des mariages sauvages (Wilde Eheri), si honorables que ces unions puissent être dans la pratique.

Rappelons à ce sujet que, même dans les pays, où la loi n'entrave point le mariage, les Wilde Ehen se multiplient graduellement. Le Dr A. Bertillon évaluait à un dixième la proportion des ménages libres à Paris, et, en France, le chiffre des naissances, dites naturelles, qni était de 4,75 p. 100, dans la période 1800-1805, s'est peu à peu élevé à 7,25 p. 100 *> Étant donnée la raison sonnante et trébuchante, qui préside à la plupart de nos mariages légaux, il est peut-être permis de considérer la progression du nombre des unions libres plutôt comme un signe d'amélioration que de détérioration des mœurs. Nous avons vu qu'au Moyen-âge, le fait de devenir mère illégalement, était considéré et réprimé comme un délit ; plus récemment les fanatiques puritains d'Amériquemettaient au pilori leurs filles-mères. Nous sommes donc en progrès sous ce rapport, à mesure que se détend la vieille sujétion de la femme : mais rappelons-nous que la loi française interdit encore la recherche de la paternité et que la morale courante flétrit sans rémission la fille-mère, tandis, qu'à Rome le concubinat était une union parfaitement légale.

J'arrive à la plus terrible des survivances morales du

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