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4i2 l'évolution dk la morale
jours la syllabe sacrée, trilitté raie, A ton, les trois mots Bhoùt\ Bhouvah, Sicar et la Saritri l. Si, chaque jour, pendant un mois, on répète ces mots magiques, en retenant seize fois sa respiration,' on est absous même du meurtre d'un brahmane. De mêmes certains textes, ruminés quotidiennement, vous déchargent du crime, non moins effroyable, d'avoir bu des liqueurs spiri tueuses 2.
Qu'il arrive à un brahmane de poursuivre un chien autour du temple de Sivâ et de le tuer d'un coup de bâton, sur le seuil, et, pour cet acte glorieux, il sera, non seulement lavé de tous ses péchés, mais même admis dans le paradis de Sivi La purification par le Panchakaryan, c'est-à-dire en buvant les cinq choses provenant de la vache, le lait, le beurre, le caillé, la bouse, l'urine, a pour conséquence la rémission de tous les péchés « commis avec une parfaite connaissance3 ». Le bain dans certaines rivières ou certains étangs, les pèlerinages ont des effets du même genre. Mourir à Bénarès assure le paradis, même à des déclassés, oui casts, et des infidèles.
Des pèlerinages s'accomplissent parfois d'une façon très singulière. On a vu des gens faire plus de 300 lieues, en se prosternant, c'est-à-dire en se couchant tout de leur long, depuis leur maison, les mains étendues, puis se relevant et recommençant à se prosterner, en mettant les pieds où ils avaient d'abord les mains 4.
En somme les pratiques et les formules sont la grande affaire. Un prêtre, qui saurait par cœur tout le Rig-Véda, serait absous, eùt-il égorgé les habitants des trois mondes, ou mangé delà viande offerte par les mains les plus viles5.