Lecky, loc. cit.. t. II, p
l'influence des religions sur la morale 423
Arsène répond : « La prière de toute ma vie doit être de vous oublier *. »
Dès que le christianisme fut triomphant avec Constantin, on adopta, en les aggravant, les pénalités mosaïques contre les délits sexuels : l'adultère devint un crime capital ; les sodomistes furent noyés, décapités, brûlés ou ingénieusement torturés, en s'inspirant du talion 2.
Le désir chrétien de l'extinction du genre humain aurait <lû maintenir le suicide en honneur, comme il l'avait été dans l'antiquité ; mais, aux yeux des chrétiens, c'était un meurtre ; il donnait la mort à l'âme. Pourtant une forme de suicide était ardemment recherchée par les fanatiques : le martyre. Tertullien raconte qu'en Asie-Mineure toute une population de chrétiens alla, auprès dii proconsul, implorer la mort. Celui-ci, après leur avoir demandé s'il n'y avait pas assez de précipices, etc., consentit à en faire exécuter un petit nombre. Sainte Perpétue courut au martyre, malgré les supplications de son père 3, etc., etc. L'hagiographie est pleine de traits analogues.
Néanmoins, en co qui concerne le suicide, le christianisme opéra une sorte de révolution morale et, en fait, bienfaisante.
Il en fut de même pour Tavortement et l'infanticide, auxquels l'antiquité n'attachait pas grande importance. Le Christianisme au contraire les condamna et réprima non point par humanité, mais parce que la mort du fœtus et du nouveau-né non baptisé avait pour conséquence terrible la tlamnationéternelle 4.
, A propos de l'esclavage, le Christianisme eut aussi des résultats utiles. Non pas que la doctrine condamnât l'escla-
i. Lccky, loc. cit., t. ÎI, p. 121.