‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 344 sur 375 · lbid.,p · texte numérisé non relu

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Quel bien, quel mal, quel juste, quel injuste 1 Nous avon> vu, que, dans le temps et dans l'espace, les variétés du bien et du mal, de la justice et de l'injustice sont fort nombreuses . mais nos métaphysiciens dédaignent le monde extérieur : l'introspection leur suffit.

Quand on a ajouté que la « distinction du bien et du mal repose sur l'idée de cause finale * »... « que la vertu appelle une récompense et le vice un châtiment... parce que cela est ainsi * » et que la peine et la récompense étant mal réparties dans ce monde sublunaire, il faut qu'il y ait une vie future 3. on nous suppose satisfaits et suffisamment renseignés sur l'origine et la fin de la morale.

C'est de ces conceptions simplistes que J. Bentham disait : « Celui qui dirait: cela est comme je le dis, parce que je le dis, » celui-là ne paraîtrait pas avoir dit grand'chose ; mais en matière de morale, on a écrit de gros volumes, dont les auteurs, de la première page à la dernière, répètent ce raisonnement et rien de plus 4. »

Aux âges de foi, la morale religieuse est efficace ; elle repose sur une base sérieuse, sur la crainte d'offenser des divinités puissantes, capables de punir et de récompenser: au fond ce n'est que la théorie fort simple du dressage, transportée dans le monde de l'imagination, pourtant cette éducation a sûrement contribué dans une large mesure, tantôt à former, tantôt à déformer le sens moral, en pesant sur deux grand ressorts : la crainte et l'espérance. Mais quelle influence peuvent exercer sur la conduite des hommes les subtilités vaines et vides de nos métaphysiciens ?

« Serait-il vrai, disait déjà Montaigne, que, pour être bon

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