‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 68 sur 375 · Moerenhout, Voyage au îles, etc., p · texte numérisé non relu

Moerenhout, Voyage au îles, etc., p

LA MORALE BESTIALE 11 i

non seulement les femmes et les enfants, mais même lesguerriers vaincus pouvaient trouver un refuge. Des drapeaux flottant aux quatre coins de l'enceinte sacrée l'indiquaient au loin aux fugitifs et ils y étaient en sûreté1. Sur ce point la morale publique s'était développée et formée.

L'habitude des combats maritimes, où il fallait lutter pied à pied, sans ruse de guerre, sur les plates-formes despiroguesdoubles, indique aussi chez les Polynésiens une tendance à envisager la guerre d'une autre manière que la chasse.

Par une anomalie étrange que pourrait, seule, expliquer l'histoire lointaine de la race, si on la connaissait, des pratiques chevaleresques s'observent dans les guerres des* Australiens, occupant pourtant le dernier échelon de la hiérarchie des types humains et, avec d'autres traits moraux singuliers, fortifient l'opinion qui met dans l'Inde le berceau de ces Mélanésiens inférieurs.

En Tasmanie et en Australie, la guerre consistait, quand elleavait une cause juridique, en une série de duels. Les deux troupes ennemies se rangeaient en armes en face l'une de l'autre, chacune d'elles couvrant ses enfants et ses femmes. Puis les combattants sortant des rangs, un à un, se défiaient, exécutaient une danse de guerre et, enfin de compte, se lançaient mutuellement leurs javelots, puis se retiraient ou étaient emportés, cédant la place à un nouveau couple de champions. Au besoin, la série étant épuisée, on en recommençait une autre de nouveaux combats singuliers, à la massue cette fois,, chaque combattant devant donner et recevoir un seul coup, mais sans parer. Le parti le plus maltraité se déclarait vaincu2. Bien plus, on a vu des Australiens, dans un conflit

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