‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 76 sur 375 · Bonwick, Daily Life and Ovigin ofthe Tasmanians, p · texte numérisé non relu

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porter sur leur dos, en accompagnant l'homme dans sa vie nomade *. Là, comme à la Nouvelle-Guinée *, comme partout, c'étaient surtout les filles qui étaient de préférence sacrifiées, étant considérées comme des non-valeurs. Il était aussi de règle d'enterrer les enfants tout vivants avec la mère, quand celle-ci venait à mourir. Mais cette dernière coutume, de même que la mise à mort des jumeaux, ou du moins de l'un d'entre eux, n'est nullement spéciale à la Mélanésie. Parry Ta retrouvée chez les Esquimaux3 et elle existe bien ailleurs, yuand les conditions de l'existence sont si dures, l'enfant abandonné ne trouve pas de mère adoptive.

D'après Humboïdt, les Indiens de l'Amérique méridionale invoquent, pour justifier leur coutume de tuer au moins un enfant en cas de grossesse gémellaire, la honte qu'il y a à ressembler aux animaux les plus vils, qui ont des portées nombreuses {Hist. gén. des voyages, t. xxxvm, p. 379).

Pour des raisons du même genre, bien des peuples primitifs se débarrassent, sans le moindre scrupule, des enfants difformes. Les Bochimans, par exemple, les étranglaient, les enterraient vivants ou simplement les abandonnaient et, en temps de famine, ils traitaient de même les enfants bien conformés4.

Les Kamtchadales sacrifiaient aussi les enfants faibles ou mal conformés (Kotzebue, Hist. nat. des voyages, t. xvn, p. 392). La célèbre sélection infantile de Sparte n'était sûrement qu'une survivance : Salus populi, suprema lex.

En Tasmanie, l'instinct maternel refoulé se satisfaisait d'une autre manière. Les femmes, après avoir tué ou aban-

1. Eyre, Journal* of two Expéditions of Discovery into the Interior of Central Australia, t. I«, p. 324.

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