Bowdich, Miêsion to Atchantee, p
3. Memoirs of Anlhropological Society, t. UI, p. 18. i. Hittory of Madagaicar, t. I*% p. 150.
2i0 LtVOLUTION DE LA MORALE.
Les idées nécessaires de nos métaphysicienSy les notions soi-distint innées du vrai, du bien et du juste brillent par leur absence dans l'humanité sauvage.
La langue de Tongans, comme toutes les langues des peuples peu développés, n*avait pas de mots pour dire a vertu, justice, humanité, vice, injustice, cruauté, chasteté >.
Pourtant, en dépit de toute cette grossièreté, on a déjà conçu une certaine idée de justice; cette idée est bien informe, bien grossière; elle existe pourtant et elle ira se perfectionnant, s'épurant peu à peu, à mesure que vieilliront les sociétés.
Dans une savante dissertation, M. P. Lafargue s'est efforcé récemment^ de démontrer que Tidée de justice est née de la nécessité de partager les terres, de la ligne droite, du besoin de faire des parts égales, lors des périodiques redistributions du sol. 11 y a une part de vérité dans cette théorie, que les anciens Égyptiens semblent avoir admise, puisque, dans leur système hiéroglyphique, ils symbolisaient la justice par leur unité de mesure, la coudée. Mais ces lotissements plus ou moins exacts, toute cette primitive géométrie, qui ont ea effet laissé de nombreuses traces dans les langues des peuples civilisés, par exemple le mot «rectitude », le mot «juste», qui a un sens un arithmétique et en morale, le mol grec vôfAoç, qui vient évidemment de viu«, partager, tout cela nu pu être inventé que par des sociétés humaines, déjà sorties de la sauvagerie première. Par exemple, il ne saurait y avoir ni géométrie ni partages de terre, là où l'agriculture est inconnue, et pourtant beaucoup de sauvages très primitifs font déjà des distinctions entre ce qui est permis et certaines choses défendues. Comment songerait-on à un partage équitable, si l'on n'avait déjà quelques notions d'équité? Ce n'est