‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 176 sur 330 · Ibid., XIII, V · texte numérisé non relu

Ibid., XIII, V

i. Ibid,, XIII, V. 21-22.

280 L*£VOLrTIO?( DE LA MORALE.

On devient criminel, si Ton donne à un chien des aliments trop rliauds qui lui brûlent la gueule, des os trop durs qui lui blessent la gorge *.

Li ehienn»/ grosse est une personne sacrée : t Le troisième des a«los, que commettent les mortels et qui ne sont point effacés par le n^penliret Texpiation, est celui de Thomme qui frappe une chienne n'ayant pas encore mis bas ou qui la fait fuir précipitamment ou pousse des cris ou lève le pied sur elle. Si celle chienne tombe dans un trou ou dans une citerne, dans un précipice, dans une rivière ou dans Teau d'un canal et s'il lui arrive quelque accident, si elle est blessée par là, cet homme devient criminel ^ »

Aux veux du rédacteur de ce code si curieux, la femme était évidemment bien moins intéressante que la chienne.

Pluslard, quand nous aurons terminé notre voyage d'exploration à travers toute la série des civilisations, depuis la plus lointaine antiquité jusqu'à nos jours, j'essayerai, dans une l.^ron spi'cialo, de caractériser l'influence que l'esprit religieux de tous les temps et de tous les pays a exercée sur la morale. Nous verrons aloi*s que celte influence, presque toujours néfaste, a consisté à s'écarter du sens pratique, à faire prédominer Texacte observance de formalités singulières ou inutiles sur la morale vraiment utile.

Quant à présent, j'ai à m'occuper spécialement de la Perse.

Les prêtres niazdéens nous ont renseigné au sujet delà morale théolojiique de leur pays ; par les historiens de Tanquité nous en connaissons le régime politique. C'était la rigide organisation de toutes les grandes monarchies primitives : quatre castes fermées, celles des prêtres, des guer-

Page 1