‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 178 sur 330 · Hérodote, t. VII, p · texte numérisé non relu

Hérodote, t. VII, p

28i L'ÉVOLUTION DE LA MORALE.

valeurs nourrit tout le monde, essayant d'esquiver, & force de ruses, les impôts et les rançons ^

Dans une rehuion publiée à Saint-Pétersbourg en 1819, un orfîcier français, Gaspard Drouville, qui avait séjourné trois ans en Perse, confirme et complète les assertions de Fraser.

Toute la population, dit-il, appartient au roi. Cliacan s'honore d'être son esclave, le titre de kouly (esclave) précède le nom de beaucoup de grands seigneurs *.

Le scliali dispose à son gré des femmes de toute condition ; la préférence accordée par lui à une femme ou à une fille est considérée comme une faveur par le père ou le mari ».

Môme les prescriptions religieuses fléchissent devant la volonté royale ; l'usage du vin devient licite aux croyanls, quand le monarque en décide ainsi : sa fantaisie fait loi *.

En prinripe le roi est le grand justicier; il juge surtout les grands ou les affaires de haute importance, prononçant des arrèls sans appel et sur-le-champ exécutoires. Les l>oines les plus ordinaires sont : la mort, l'amputation du nez ou des oreilles. La peine correctionnelle est la bastonnade sur la plante des pieds ; on la prodigue. Lors du voyage de Drouville, il était peu de ministres qui ne Teussenl subie. Les courtisans supportaient fort galamment cette correction j)aternelle ; ils n'en rougissaient en rien ; car être puni par le maître n'était pas un déshonneur'' : tout était juste, quand ce dernier l'avait voulu. Le schah, dit G. Drouville, fit bitonner le receveur général de la province d'Aserbijan, person-

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