Liv. II, V
L'adultère commis avec la femme du maître spirituel est l'objet d'une punition spéciale ■.
Ces antiques législations se sont faites lentement, de pièces et de morceaux ; les interpolations n'y sont pas rares, par suite les contradictions, les contrastes y fourmillent. Certains articles ont un caractère sauvage, d'autres sont empreints d'une certaine noblesse. 11 faut ranger, par exemple, à cùté du respect pour Tiuitiateur moral la défense de tuer une femme ou un enfant, de nuire à un ami, de rendre le mal pour le bien, de iaire une déposition fausse : tout cela sous peine de renfor*. Notons encore la glorîQcation de riiommequi remplit ses dc\oirs sans attendre de réœmpense^ et Texhortation à désirer le bien de toutes les créatures, â ne pas infliger aux êtres animés les peines de Tesclavage et de la mort *.
Avec ses défauts et ses qualités le code théoci'atique des brahmanes a été en vigueur pendant une longue série de siècles; il Test même encore, en dépit de l'intrusion européenne dans rindi». 11 est donc intéressant de voir quels résultats moraux a produits ce si long dressage. Sûrement, comme le font toutes les disciplines longtemps continuées, il a développé le sentiment du devoir et habitué les Hindous à se maîtriser ; mais, par son caractère clérical, il a faussé le sens moral, en déclarant tantôt mauvaises et délictueuses, taulùl obligatoires, des actions ou insignilîantes ou absurdes; enfm le régime des castes, la tyrannie des rajahs et la pivpolence des brahmanes ont brisé le ressort mental de la race. Les missionnaires français du xvii* siècle, les voyageurs modernes, les travaux de certains juristes
i. Liv. IX, V. 237.
t. Liv. vin, V. 89.