‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 212 sur 330 · I. — LA FEMME ET LE MARIAGE DANS LE MONDE GRÉCO-ROMAIN · texte numérisé non relu

I. — LA FEMME ET LE MARIAGE DANS LE MONDE GRÉCO-ROMAIN

Avant Cécrops, dit la tradition, c'est-à-dire à peu près dixsept siècles avant Jésus-Christ, les Grecs vivaient encore

dans la promiscuité et les enfants ne portaient que le nom de leur mère*. A Rome aussi, le mariage solennel, ce que Ton appelait t les justes noces », était le privilège des patriciens. Les unions plébéiennes se faisaient more ferarum. — Tout d'abord, dans Tantiquité, le mariage consista à acheter la fille à ses parents ou à la ravir à l'ennemi. A Sparte et à Rome, des (races du mariage par capture subsistèrent longtemps dans la coutume d'enlever la fiancée au-dessus du seuil de la maison conjugale *. Comme dans tous les pays sauvages, il ne fut pas interdit à la jeune fille de disposer librement de sa personne : c'était même pour elle un moyen de gagner sa dot.

Quant à la femme mariée, elle vivait dans une demi-réclusion. Jamais l'épouse grecque ne sortait seule; jamais elle ne s'asseyait à la table de son mari, quand il y avait des hôtes masculins. On connaît l'épitaphe de la matrone romaine : Domum mansit; lanam fecii^.

En Grèce, comme dans l'Inde, comme en Chine, la femme était soumise, fille à ses parents, femme à son mari, veuve à ses fils. Les mâles lui étaient préférés dans les héritages. Dans l'opinion des anciens, la femme était une créature inférieure. La femme, dit Aristote, t n'a guère plus que l'esclave, la faculté de délibérer* ».

Pour les femmes, aucune instruction, dans la Grèce antique, excepté à Sparte. Leur grossièreté d'ailleurs devait être grande, à en juger par la défense qui leur était faite, sous peine de mort, de goûter du vin et de contrefaire les clefs de la cave, dans la Rome primitive'. Dans l'antiquité, la femme

1. Varron, cité par saint Augustin, Cité de Dieu, t. XVIII, 9. S. Plutarque, Lycurgue, t. XXVHI.

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