‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 224 sur 330 · Institules, liv. !«', lit. viii · texte numérisé non relu

Institules, liv. !«', lit. viii

336 L'ÉVOLUTION DR LA MORiLE.

esclaves ne reçoivent aucune injure; le maître les reçoit pour eux» .

Pour certains délits identiques, la pénalité varie suivant la condition. Contre le faux, la loi Cornelia décrète, la mort pour Tesclave, la déportation seulement pour ThomiDe libre*.

Peu à peu cependant, avec le progrès des mœui*s, toute cette iniquité finit par choquer la conscience publique.

Constantin défendit la dispersion de la famille de l'esclave. Il fut aussi interdit de cinicifier les esclaves '. Antonin ordonna que les maîtres, coupables de graves sévices envers leurs esclaves, seraient obligés de les vendre*. De 319 à 326, les empereurs condamnèrent, comme homicide , le maître coupable d'avoir fait périr l'esclave dans les supplices, en exceptant pourtant les cas où la mort surviendrait après un châtiment modéré ', ce qui rappelle tout à fait la loi juive. Jusqu'à Justinien, pas de mariage légal pour l'esclave ; bien plus la servitude dissolvait le mariage*. « La condition vile des esclaves, dit le Code théodosien, rend l'esclave indigne des lois \ > L'ancienne loi romaine réduisait en esclavage la femme libre ayant eu commerce avec un esclave. Le pieux Constantin fut plus sévère; il condamna, dans ce cas, l'esclave au feu, la femme à la peine capitale ordinaire '.

Néanmoins les mœurs se réformaient plus vite que la législation et les alTranchisscments devinrent si communs que les pouvoirs publics les limilèrenl. La loi Furia Canina déter-

\, InstiluteSy liv. IV, lit. iv.

Page 1