Schiller, Guerre de Trente anSy liv. II
2. Ancillon, Tableau des révolutions du système politique de VEuropt, t. m, ch. x\xii.
Le lendemain matin, on les mène à Téglise, Rendre grâce au bon Dieu de leur noble entreprise, Lui chanter en latin qu'il est leur digne appui, Que dans la ville en feu, on n'eût rien fait sans lui, Qu*un ne peut ni voler, ni violer son monde, Ni massacrer les gens, si Dieu ne vous seconde.
Je rappelle ces horreurs uniquement pour relier notre présent à un très récent passé, et montrer que les antiques instincts des fauves existent encore en nous à Télat plus ou moins latent. Je citerai encore, à titre de spécimens, quelques faits, en omettant à dessein des exemples trop récents et trop vivants dans notre mémoire. En 1796, Bonaparte livra au pillage la ville de Pavie, pendant trois heures. Le plus célèbre des historiens du conquérant, un homme qu'il serait tout à fait injuste de considérer comme un ennemi de la propriété, excuse le héros en disant que les joyeusetés des vainqueurs ne nuisirent guère qu'aux hautes classes de la ville *.
En 1841, un officier français raconte ainsi les hauts faits de nos soldats en Algérie : « On a renversé les constructions, incendié les récoltes, détruit les arbres, massacré les hommes, les femmes et les enfants avec une furie toujours croissante. Les bulletins, les rapports officiels, qui en ont tiré vanité, existent à tout jamais comme pièces accusatrices *. »
Mais prenons seulement les gros résultats : ils sont affreux. Un consciencieux écrivain a évalué à environ six millions le nombre des hommes tués en Europe, sur les champs de batailles mêmes, pendant les deux derniers siècles. Il estime que les cinq sixièmes de ces meurtres guerriers ont été commis entre1795etl864; car son calcul est antérieur à 1870^ A ce