M. Block, lac. cit., p
390 L*ÊVOLUTIO!f DE U MORALE.
ciales qu'entretiennent la misère s'avivent et s'élargissent. Les ouvriers industriels, nous dit M. LegoytS se suicident beaucoup plus que les agriculteurs. Dans le grand centre industriel de l'Allemagne^ en Saxe, sur un million de personnes, le commerce et l'industrie donnent 341 ,59 suicides annuels; il n'y en a que 71,17 chez les agriculteurs. Enfin nous savons qu'en fait de mort volontaire il y a dans tous les pays civilisés progression croissante.
C'est sûrement à la même cause qu'il faut attribuer les progrés de l'ivrognerie indiqués par ceux de la consommation de l'alcool, qui après avoir été de 0*,93 par tète en 1839, s'est graduellement élevée en France à 3^69 en 1866*.
11 est presque superflu de remarquer que la prostitution va de pair et gagne du terrain avec le paupérisme et l'ivrognerie.
Mais toute cette dégénérescence physique et morale estelle nécessaire? Résulte- t-cUe de la constitution même de l'espèce humaine? Avons-nous dépassé l'apogée de notre développement et, comme les espèces organiques, qui ne sont plus en harmonie avec leur milieu physique, n'avonsnous plus qu'à déchoir et disparaître? Nullement! tout ce mal est artificiel; il est notre œuvre; il est enfanté par I'/ImW sacra famés du poète latin.
L'amour de la richesse n'est pas nouveau dans le monde. Précédemment j'ai cité les malédictions que lançaient à l'argent les vieux poètes grecs. Dans l'antique Athènes, ce fut uniquement d'après le chiffre de la fortune, que Solon distribua la population en classes. A Rome, Gicéron appelle couramment boni, les bons, les gens de bien, ceux qui ont de la fortune et l'on raconte que le voluptueux Apicius se