Id., Ibid., p
A. A. Bertillon, cité dans Physiologie des passions, par Ch. Letoarneau.
place qu'il mérite d'occuper. Or, dans nos sociétés modernes, la richesse, qui domine tout, s'acquiert ou se possède par des procédés, qui sont trop souvent indépendants de l'élévation de l'esprit et du caractère. Le mal ne date pas d'hier. Depuis Jacques Cœur, Tarçentier de Charles VII, jusqu'à Jean Law, au siècle dernier, la spéculation, Tagiotage avaient déjà créé nombre d'énormes fortunes trop facilement acquises; le développement de la grande industrie, la création d'innombrables valeurs mobilières ont généralisé le mal. Je n*insiste pas; sur ce point tout le monde est édifié; mais il y a là une maladie dont nos sociétés modernes pourront mourir.
Les théoriciens de la classe qui bénéficie de ce dangereux état de choses s'en sont inspirés pour formuler une morale des plus curieuses.
On a déclaré que, pour un homme opulent, le seul fait de dépenser sa fortune en consommations improductives ou pires qu'improductives constituait un acte louable, presque vertueux.
Pour combattre ou limiter le paupérisme, on a proposé tranquillement de recourir à la guerre, à la prostitution, î\ rinterdiction du mariage entre pauvres. Quelques-uns, plus hardis et plus logiques, ont suggéré la pratique de l'avortement (idée renouvelée d'Aristote) et même la c^istralion des enfants pauvres* : à ce dernier moyen les politiques de l'antiquité n'avaient pas songé. L'inspirateur de ces singuliers médecins du corps social, Malthus, avait simplement donné le conseil, très écouté, du nioral restraiuty mais il avait écrit sans sourciller la célèbre et odieuse phrase suivante : « L'homme qui naît dans un monde déjà occupé, si sa famille n'a pas les moyens de le nourrir ou si la société