‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 299 sur 330 · Bhagavad'GUà, trad. Ern. Burnouf, passim · texte numérisé non relu

Bhagavad'GUà, trad. Ern. Burnouf, passim

soient moins confus quand on les prend en flagrant délit de fausseté, qui soient plus indifférents aux souffrances de leurs voisins, si ceux-ci ne sont pas de leur caste ou de leur famille ; dont la conversation ordinaire et familière soit aussi licencieuse et qui, dans les districts sauvages où les lois sont sans force, versent le sang avec moins de répugnance *. » D'après le même observateur, rien n'est plus commun dans Tlnde, que le parjure et on le considère comme une vétille; les meurtres sont très fréquents, longuement prémédités et lâchement commis; les femmes surtout sont sacrifiées par jalousie et les enfants égorgés uniquement pour s'emparer des bijoux qu'ils portent.

Je me suis à dessein étendu quelque peu sur la morale religieuse d'après Brahma. Cela me permettra d'être bref en parlant des autres morales religieuses. Sans doute les prescriptions varient suivant le genre de croyance, mais toujours elles ont le même caractère de déraison, de puérilité.

Un certain souffle d'humanitarisme relève moralement la religion du Bouddha. On y prêche l'égalité fondamentale de tous les hommes : « La peau, la chair, les os, la tôle sont les mêmes chez tous les hommes; les ornements seuls et les parures font la di^érence^ > Religieusement parlant, la femme est l'égale de l'homme ; elle peut entrer dans les ordres, etc. Mais, comme il arrive dans la doctrine chrétienne, les maximes égalitaires du Bouddha s'appliquent bien plus à la vie spirituelle qu'à la vie réelle. D'ailleurs rien de plus méprisable que celte vie réelle; c'est un lieu de punition ; toute existence est un mal et le bien suprême est le non-être, le nirvana. Â cet anéantissement si enviable, on arrive par

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