‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 307 sur 330 · Lecky, loc. cit., t. (I, p. â5l · texte numérisé non relu

Lecky, loc. cit., t. (I, p. â5l

Arsène répond : « La prière de toute ma vie doit être de vous oublier *. »

Dès que le christianisme fut triomphant avec Constantin, on adopta, en les aggravant, les pénalités mosaïques contre les délits sexuels : l'adultère devint un crime capital ; les sodomistes furent noyés, décapités, brûlés ou ingénieusement torturés, en s'inspirant du talion 2.

Le désir chrétien de Textinclion du genre humain aurait dû maintenir le suicide en honneur, comme il Tavait été dans l'antiquité ; mais, aux yeux des chrétiens, c'était un meurtre; il donnait la mort à l'âme. Pourtant une forme de suicide était ardemment recherchée par les fanatiques : le martyre. Tertullien raconte qu'en Asie- Mineure toute une population de chrétiens alla, auprès du proconsul, implorer la mort. Celui-ci, après leur avoir demandé s'il n'y avait pas assez de précipices, etc., consentit à en faire exécuter un petit nombre. Sainte Perpétue courut au martyre, malgré les supphcations de son père', etc., etc. L'hagiographie est pleine de traits analogues.

Néanmoins, en ce qui concerne le suicide, le christianisme opéra une sorte de révolution morale et, en fait, bienfaisante.

11 en fut de même pour l'avortement et l'infanticide, auxquels l'antiquité n'attachait pas grande importance. Le christianisme au contraire les condamna et réprima, non point par humanité, mais parce que la mort du fœtus et du nouveau-né non baptisé avait pour conséquence terrible la damnation éternelle*.

A propos de l'esclavage, le christianisme eut aussi des résultats utiles. Non pas que la doctrine condamnât l'escla-

1 Lccky, loc. cit., t. II, p. 121.

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