‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 58 sur 330 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

les formes successives du cannibalisme, voir rinstinct brutal s'as§ouvir d'abord sans vergogne, puis se restreindre peu à peu et de plus en plus pour arriver à n'être plus qu'une survivance symbolique.

A répoque où le capitaine Cook débarqua pour. la première fois, à la Nouvelle-Zélande, les théories humanitaires et sentimentales, si à la mode au siècle dernier, dominaient plus ou moins dans les esprits. L'homme, croyait-on, avait primitivement été doté par la nature de toutes les vertus. Seule, la civilisation l'avait corrompu. On avait donc beaucoup de peine à croire au cannibalisme des sauvages. Aux yeux de certains écrivains mêmes, la chose était impossible.

Ce ne fut donc pas sans étonnement que les Anglais de l'équipage de Cook virent confondus, dans les mêmes paniers à provision des Néo-Zélandais, des lambeaux d'hommes avec des morceaux de chiens*. Lors du deuxième voyage de Cook, une expérience décisive trancha la question. Des débris humains, trouvés sur le rivage, furent apportés à bord et là offerts, après cuisson, à des Néo-Zclandais qui les dévorèrent avec une extrême avidité*. Dès lors, le doute ne fut plus possible, et plusieurs équipages européens, notamment celui du capitaine Marion, apprirent ensuite à leurs dépens que l'anthropophagie des Néo-Zélandais était trop réelle, quoique leur race occupât un rang déjà honorable dans la hiérarchie humaine.

Aujourd'hui de nombreux documents permettent de parler en connaissance de cause du cannibalisme néo-zélandais. Il était affreux et absolument animal. A la Nouvelle-Zélande les festins de cannibales étaient de grandes fêtes. Personne n'avait à ce sujet le plus léger scrupule et, tandis que les

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