PHOSPHORESCENCE PAR RÉACTIONS CHIMIQUES, ETC
les précédentes : Toxydation ou Thydratation de composés bien définis, par. exemple. C'est ce que nous avons tâché de réaliser..
Les phosphorescences par oxydation sont exceptionnelles. Celle du phosphore n'est pas très probablement due à une simple oxydation, comme je l'ai montré ailleurs.
J'en ai obtenu d'autres par oxydation, mais elles sont aussi voisines de l'incandescence que de la phosphorescence et constituent peut-être une transition entre les deux. Tel est notamment le cas de l'uranium.
Posons une lame de ce métal (de i millimètre environ d'épaisseur) sur une plaque chauffée à 600 degrés environ. Elle devient très brillante.. Relirons-la avec une pince, elle continue à briller pendant deux ou trois minutes, ce qui n'arriverait pas s'il s'agissait d'u!% simple phénomène d'incandescence. La même opération peut être répétée plusieurs fois, mais la durée de la luminosité du métal devient chaque fois moins longue, et finalement — quand il s'est entièrement, oxydé sans doute — la chaleur ne produit plus sur lui aucun efi*et.
La seule réaction nettement définie qui m'ait permis d'obtenir de la phosphorescence est l'hydratation. Les cas les plus nets sont ceux des sulfates de quinine ou de cinchonine. Chauffés à 150 degrés ces sels perdent une partie de leur eau et, après avoir brillé un instant, redeviennent ensuite complètement obscurs.. Quand ils sont dépouillés ainsi de toute leurphosphorescence, on les laisse se refroidir; ils s'hydratent aussitôt. au contact de l'air, recommencent à être phosphorescents et en même temps radio-actifs. Je n'insisterai pas sur cette -expérience dont j'ai donné les détails deLïksV Évolution de la Matière. En raison; de son importance théorique considérable au point de vue des causes de la radio-activité, elle fut l'objet d'imporr
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tants mémoires. L'exactitude de mes observations s'est trouvée ainsi nettement confirmée.
On peut, dans Texpérience précédente, rendre l'emploi de la chaleur complètement inutile. 11 suffit de mélanger dans un flacon le sulfate de quinine avec un peu d'acide phosphoriqne anhydre qui le déshydrate immédiatement. On l'hydrate de nouveau simplement en projetant l'haleine à sa surface. Les personnes ignorant la théorie de l'opération sont toujours fort surprises quand on leur montre un corps devenant phosphorescent en soufflant dessus.
Le sulfate de quinine n'est pas le seul composé phosphorescent par hydratation. J'ai trouvé toute une série de corps présentant le même phénomène, notamment la magnésie ordinaire, le sulfate de chaux du commerce et Talumine hydratée^. Ils ne diffèrent du sulfate de quinine que parce qu'ils deviennent phosphorescents par déshydratation seulement, au lieu de Tétre, comme le premier, par hydratation et déshydratation. En outre, comme ces corps se déshydratent lentement et difficilement, il est nécessaire de les chauffer vers 500 degrés pour bien observer le phénomène.
La phosphorescence se constate facilement avec le sulfate de chaux et surtout la magnésie ordinaire très lumineuse en se déshydratant. Elle est moins apparente avec l'alumine.
Si, après avoir chauffé ces composés pendant quelques minutes, jusqu'à extinction de la phosphorescence, on les laisse se refroidir dans l'obscurité et qu'on les chauffe de nouveau, ils brillent encore. Mais la luminosité s'avive quand on rend leur hydratation plus complète, en les mouillant avec un peu d'eau
1. Je ne mentionne que les corps les plus faciles à se procurer et avec lesquels la phosphorescence est la plus vive. H en esl bien d'autres, Toxyde de thorium par exemple, qui produisent de la phosphorescence par déshydratation; mais elle est fort légère.