PROPRIÉTÉS DE CERTAINES RÉGIONS DU SPECTRE
— l'explication reste exactement la même. La lumière diffuse est de la lumière bleue renvoyée par le ciel. D'après des observations spectroscopiques déjà anciennes, elle contient relativement beaucoup moins de rayons rouges — et probablement aussi infrarouges — que la lumière directe du soleil. Donc, malgré l'intensité lumineuse supérieure du soleil, le sulfure sera plus lumineux à Tombre. Cette explication est bien la bonne; car si nous retirons des rayons solaires les radiations extinctrices avec notre solution de sulfate de cuivre, Tillumination sera aussitôt beaucoup plus vive au soleil qu'à l'ombre par suite de l'intensité plus grande des rayons illuminateurs.
Le même raisonnement nous explique pourquoi le sulfure de zinc non seulement ne s'illumine pas à la lumière d'une forte lampe, mais s'éteint s'il est illuminé.' Dans nos éclairages artificiels, les 9/10 des rayons émis sont des rayons infra-rouges extincteurs qui détruisent l'action des rayons illuminateurs. Même en interposant une cuve épaisse de sulfate de cuivre, on n'obtient qu'une illumination très faible, parce que, vu la prédominance des rayons infrarouges, il est impossible de les arrêter en proportion suffisante. D'ailleurs, Tinterposition de cette cuve réduit beaucoup Tintensité des rayons illuminateurs. Or le degré de phosphorescence d'un sulfure est, jusqu'à une certaine limite en rapport avec l'intensité de la source lumineuse qui l'a illuminé. Aux éclairages faibles les sulfures phosphorescents ne se saturent pas, quelle que soit la durée de l'exposition.
Tout ce qui vient d'être dit pour le sulfure de zinc n'est pas applicable, je le répète, aux autres sulfures phosphorescents, en raison de leur faible sensibilité pour les grandes radiations et surtout pour l'infrarouge; c'est pourquoi un écran de sulfure de cal-
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cette lame d'ébonite introduisons dans Tobscurité une plaque au gélatino-bromure à grains très fins, préalablement voilée par une exposition de deux secondes à la lumière d'une bougie. Refermons le châssis, et exposons-ie une beure au soleil. L'infra-rouge trayerse Tébonite et détruit le voile produit sur la plaque par son exposition à la lumière- de la bougie. Dans la partie protégée par la croix métallique il n'agira pas, c'est pourquoi, en développant l'image, nous aurons la reproduction de la croix de métal sur fond très clair. La lame d'ébonite peut d'ailleurs être remplacée par deux ou trois feuilles superposées de papier noir.
11 n'y a aucune analogie entre cette expérience et Les inversions qu'on obtient en surexposant une plaque illuminée par des rayons bleus ou violets. L'infrarouge qui détruit l'impression photographique ne la prjDduit jamais. Cette double propriété est limitée à l'infra-rouge, car les rayons rouges peuvent avec une pose suffisante impressionner la plaque. Si on prolonge en effet l'exposition sous un verre rouge, la plaque se voile pour se dévoiler ensuite. Mais dans cette expérience interviennent les phénomènes d'inversion observés avec toutes les radiations, et qui constituent un ordre très différent de phénomènes. Dans la partie visible du spectre une radiation quelconque détruit rimpression qu'elle avait produite quand on prolonge beaucoup la pose — fait facile à constater au spectroscope.
Nous résumerons dans le tableau suivant les propriétés antagonistes des deux extrémités du spectre telles qu'elles résultent de nos recherches.