AVANT-PROPOS. XIII
Si la critique a une liistoire, cela veut dire sans doute que la critique n'est pas aujourd'hui ce qu'elle était autrefois, ou, en d'autres ternies, qu'elle a évolué. Quels sont donc les moments de cette évolution? Quelle est la ligne ou la courbe qu'ils tracent, et quels en sont, comme je crois que l'on dit, les points d'inflexion ou de rebroussement? Quelles sont enfin les œuvres, ou les noms, qui les fixent pour nous dans lliisLoire? Voilà la question que j'essaye de résoudre; et tout ce qui n'y contribue point peut bien avoir sa place dans un Dictionnaire de la critique, mais ne l'a pas nécessairement dans son histoire, et encore bien moins dans le tracé de son évolution. Si nous ne voulons pas plier bientôt et succomber sous le nombre et sous le poids des documents, il faut simplifier l'histoire de la littérature. Puisqu'il suffit d'une seule exjiérience, pourvu qu'elle soit bien faite, pour établir la loi d'un phénomène, ce doit être assez de Chapelain ou de Boileau pour représenter, eux seuls aussi, une période entière de la critique. Le tout sera de s'assurer qu'en même temps qu'elle est l'expression de leur façon de sentir ou de penser, leur doctrine est celle de toute une famille d'esprits dont ils ne sont que