VIII AVANT-PROPOS
des autres phénomènes qui risqueraient, en voulant les considérer tous ensemble, d'en masquer ou d'en déguiser la nature. Si j'ai cru qu'il y avait lieu de faire quelque chose d'analogue pour l'histoire ou pour l'évolution de la critique, on voit assez que cela ne va pas sans de nombreuses omissions, — et surtout sans un parti pris constanl de simplification ou d'abréviation.
Au reste, si j'avais formé le projet d'écrire VHi8toire de la Critique en France, je ne pourrais pas le réaliser pour le moment, faute de trois ju quatre ouvrages, qu'il est étonnant que nous n'ayons pas encore, et que je voudrais bien que ma réclamation pût faire naître.
Le premier de tous, et le plus indispensable, celui sans lequel on ne saui ait écrire le premier chapitre d'une Histoire de la Critique, c'est une Histoire de V Humanisme. La critique a commencé par être philologique, en Italie comme en France, grammaticale ou purement érudite; et nous, sur nos érudits, sur nos grammairiens, ou sur nos -philologues, sur un Budé ou sur un Turnèbe, sur les Scaliger ou sur les Estienne, quels renseignements avons-nous? C'est eux pourtant qui, pendant plus d'un siècle, ayant seuls entre les mains