INTRODUCTION
La diplomatie est un art ancien; elle est née lorsque des peuples de race, de religion, de mœurs différentes voulurent faire succéder des relations pacifiques aux rapports hostiles qu’ils entretenaient habituellement. Peu
à peu, et sans doute à la faveur d'échanges commerciaux, se dégagea l’idée que les conflits d'intérêt ne devaient pas fatalement aboutir à des conflits tout court, que négocier valait souvent mieux que combattre.
La conduite des affaires entre Etats exigeait des mandataires; ceux-ci surent dégager peu à peu certaines règles qui devinrent communes à tous les Etats civilisés.
Ainsi s'était lentement formée une diplomatie traditionnelle dont les méthodes avaient certes varié au cours des siècles, maïs qui, au début du xix° siècle, après le Congrès de Vienne, semblait définitivement fixée,
Mais la loi de l’évolution. régit toutes choses, et la diplomatie elle-même ne devait pas y échapper. Les progrès scientifiques, la rapidité sans cesse plus grande des moyens de communication, le développement des moyens d’information, d’une part, le changement dans les conceptions économiques et juridiques des principaux Etats, les bouleversements sociaux d’autre part, tout allait con-
Granet, : 1
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tribuer à atteindre la diplomatie traditionnelle dans son essence même. Enfin, après la Grande Guerre, les transformations de l’Europe, la création de la S.D.N, l’instauration de la sécurité collective, allaient encore contribuer à accélérer une évolution déjà commencée.
Peut-être des excès furent-ils commis; réunis jusqu’alors pour mettre fin aux périodes de tension diplomatique, Congrès et Conférence parurent, en certains cas, devoir en faire surgir de nouveaux.
Dans ses articles 18 à 20, le Pacte de la S.D.N. avait prohibé la diplomatie secrète; peut-être n’avait-il pas prévu l'avènement de la diplomatie de la place publique. À la faveur des luttes intérieures, les citoyens des Etats démocratiques prétendaient imposer à leurs gou- vernants telle politique extérieure, cependant, au contraire, que par d’habiles campagnes de presse, les chefs des Etats à régime autoritaire convainquaient leurs sujets de la véracité des fausses nouvelles relatées.
Il nous a donc paru intéressant de rechercher à la lueur des événements les différences que l’on peut noter entre les caractères de la diplomatie traditionnelle et ceux de la diplomatie contemporaine, les supériorités mais aussi les infériorités que celle-ci peut posséder par rapport à celle-là. :
Après quoi, peut-être nous sera-t-il possible de dégager les principes qui permettent à la diplomatie de servir efficacement les intérêts qu’elle doit défendre.