‹ L'évolution des théories géologiquesChapitre 154 sur 190 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

2. Traité de Paléontologie végétale ^ t. I, p. 44. 5. Hydrogéologie, p. 153.

LES TBEORÏES SEDIMENTAIRES

argiles proviennent toutes des détritus, des végétaux qui, au moyen des fonctions de leurs organes, ont eux-mêmes préparé et formé les éléments de ces matières, en sorte que sans eux, elles n'eussent jamais existé.

Plusieurs auteurs. Constant Prévost entre autres, ont voulu appliquer le mécanisme des salzes à l'explication des gisements argileux : argile plastique de Paris, argiles rouges recouvrant les calcaires blancs de tous les plateaux jurassiques calcaires de TAveyron et du Quercy, garrigues du Midi de la France, etc.

C'est le cas de dire que la théorie par alluvionnement vertical paraît devoir être abandonnée quant aux masses importantes d'argiles, et il semble qu'on doive faire dans l'histoire des terrains argileux une large part à des remaniements de tous les âges de couches antérieurement stratifiées. Ainsi, pour l'argile plastique, les expériences montrent que la dissolution de la craie a pu en donner la portion principale. C'est même un véritable étonnement qu'on éprouve à retirer de la craie blanche une argile d'un gris très foncé, tout à fait pareille, sauf pour une certaine différence de fusibilité, à l'argile plastique, représentant 2 p. loo dans la craie de Meudon. Ajoutons qu'il est impossible de la séparer par simple lavage, d'où la conclusion qu'elle est engagée dans une combinaison avec d'autres substances, telles que le calcaire et des matières organiques.

Une deuxième manière pour l'argile de se produire est aux dépens du feldspath, par la dénudation subaérienne due aux eaux pluviales. Il en résulte les arènes granitiques et A.-C. Becquerel a voulu apporter dans la question, grâce aux

documents fournis par la cathédrale de Limoges, une espèce de précision mathématique *. On est frappé de la rapidité d'altération de certaines variétés de granit, et spécialement des rappakiw7^ qui sont à base de feldspath oligoklase, c'est-à-dire riches en soude et en chaux.

Une troisième théorie d'altération du granit est dite de la kaolinisation. Elle fait intervenir Tinfluence d'émanations profondes . Nous en avons des exemples à Chanteloube et dan s maintes autres localités où l'on voit la granulite kaolinisé imprégnée des minéraux caractéristiques des gîtes stannifères.

La théorie chimique de cette transformation par réactions souterraines du feldspath en argile a été complètement faîte par Ebelmen ^ dans un travail classique où il démontre que la comparaison de l'argile au feldspath suppose la substitution pure et simple de l'hydrogène au métal alcalin. Kirwan, bien avant Ebelmen, avait posé en fait que, par décomposition, le feldspath et l'amphibole hornblende engendrent de l'argile*.

Le célèbre Comstock-Lode a été l'objet des études de M. Becker* et il en a conclu une théorie de la kaolinisation qu'il suffit de mentionner.

L'origine de certaines argiles a été attribuée à l'accumulation de coquilles au fond des lacs et des étangs des comtés de Columbia et de Dutchess (Etat de New- York), principalement à Kin-

I. Bulletin de la Société des Sciences naturelles, 20 décembre 18^3, Paris.

a. Annales des mines (40 série), t. VII, p. 1, 1845.

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