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L'indépendance de l'individu

110. L'indépendance de l'individu assurée par le commerce juridique. — L'homme indépendant n'est pas. comme on le dit habituellement, celui qui a le moins de besoins à satisfaire. C'est là une indépendance peu enviable, et sous ce rapport, l'animal nous est supérieur, et le sauvage l'empoite sur l'homme civilisé. L'indépendance consiste à pouvoir satisfaire ses besoins. C'est le commerce juridique qui en assure les moyens. Ce service qu'il rend à la société des hommes est la base de l'indépendance humaine. S'il le fait dépendre de cette condition : la possession de l'argent, il ne s'ensuit pas que la charge compense le bienfait, car s'il est vrai que sans l'argent le commerce juridique perd toute valeur pour l'homme, il est tout aussi vrai de dire que l'argent devient un facteur inutile sans les relations sociales. Des monceaux d'or ne servent de rien au milieu d'une population sauvage, chez laquelle on ne peut rien acheter de ce qui sert à l'existence : la plus petite somme d'argent, chez nous, peut procurer les plus nobles jouissances. Dans un pays civilisé, l'ouvrier, avec son salaire, peut acquérir les fruits du travail de milliers d'hommes. Le sou que nous payons, nous procure ce qui se produit à l'autre bout du monde, et met à Tœuvre une multitude de mains humaines. S'il est vrai qu'il n'y a pas de travail qui ne soit rémunéré, que tout acheteur d'une marchandise paie les efforts qu'il a fallu faire pour la produire, depuis le moment où sa matière première s'est détachée du sol, jusqu'à celui où elle arrive entre ses mains, les quelques sous donnés pour l'acquisition d'une tasse de café ou d'un joijrnal, contribuent à tous les frais qu'a nécessités la production de l'un et de l'autre. Dans le café, il paie sa part dans la rente foncière du propriétaire de la plantation, dans les frais de culture et de transport, dans les

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